A Orly une attaque terroriste secoue la présidentielle française

A Orly une attaque terroriste secoue la présidentielle française

La date avait sans doute été bien choisie. C’est le jour même de la publication, par le Conseil constitutionnel, de la liste finale des onze candidats à la présidentielle française, qu’une tentative d’attentat a été déjouée de justesse à l’aéroport parisien d’Orly. Coïncidence: c’est aussi ce samedi que le candidat Emmanuel Macron avait choisi pour présenter ses propositions en matière de défense. Les explications de notre correspondant à Paris, Richard Werly

‘ Que sait-on de l’attaque terroriste à l’aéroport d’Orly’

Le point le plus important est que cette tentative d’attentat conduite apparemment par un homme isolé a échoué. C’est vers 8h30, heure de Paris, qu’un individu identifié depuis comme né en 1978, de nationalité française et connu des services de police pour des délits de droit commun, a tenté de s’emparer de l’arme d’une militaire en patrouille dans la zone publique «Départ», avant les contrôles. La jeune femme, issue de l’armée de l’air, aurait été plaquée au sol mais a réussi à résister. Ses deux collègues militaires, en patrouille avec elle, ont aussitôt riposté en faisant usage de leurs armes, tuant l’agresseur que des photos montrent étendu sur le sol, mort, dans l’aérogare d’Orly Sud. Aucune revendication n’a pour l’heure été formulée.

Cette attaque suivait de peu un échange de coups de feu entre des policiers et un agresseur survenue à l’autre extrémité de la capitale française, à Garge les Gonesses, en Seine-Saint-Denis. Le lien entre les deux attaques aurait été établi. Il s’agirait du même homme. Garge des Gonesses se trouve dans le nord de la région parisienne, dans la direction du principal aéroport français Roissy-Charles-de-Gaulle.

Logiquement, l’attaque a entraîné une paralysie totale à Orly, seconde plate forme aéroportuaire parisienne. Tous les vols ont été supprimés pendant plusieurs heures, jusqu’à la fin des opérations de déminage menées, entre autres, pour déterminer si l’agresseur avait sur lui une ceinture d’explosif ou un sac piégé. Les passagers d’une quinzaine d’appareils autorisés à atterrir, bloqués à l’intérieur, ont commencé à être débarqués vers midi.

‘ Cette attaque illustre-t-elle la menace terroriste qui continue de peser sur la France’

C’est évident, et le moment choisi est particulièrement symbolique. C’est ce samedi, à 11h30, que le Conseil constitutionnel a validé la liste de onze candidats à l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, donnant ainsi le coup d’envoi officiel d’une campagne toujours aussi imprévisible.

Coïncidence: c’est aussi ce samedi qu’Emmanuel Macron, candidat centriste du mouvement «En marche!» avait choisi pour s’exprimer sur les questions de défense. L’intéressé a d’ailleurs rendu hommage à l’opération Sentinelle de déploiement des forces armées dans les sites publics. Il a aussi proposé le rétablissement du service militaire obligatoire. L’opération Sentinelle, mise en uvre depuis les attentats de janvier 2015, déploie plus de 10 000 militaires en France, en particulier dans les gares, aéroports et lieux de grande affluence.

Cette attaque prouve aussi que les militaires en patrouille sont devenus des cibles pour les terroristes. Elle intervient un mois et demi après celle contre des militaires au musée du Louvre à Paris commise par un homme qui a été grièvement blessé, et moins d’un an après l’attaque de l’aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016 (32 morts et plus de 300 blessés).

Depuis quelques jours, la question de la levée prochaine de l’état d’urgence, en vigueur dans l’Hexagone depuis la nuit tragique du 13 novembre 2015, était redevenue d’actualité. Le ministre de la Justice avait estimé que tous les critères étaient remplis pour abroger ces mesures sécuritaires d’exception qui augmentent les pouvoirs d’interpellation et de renseignement des forces de l’ordre. François Hollande avait tranché dans le sens contraire, en décidant de maintenir celles-ci jusqu’à leur expiration légale à la fin juillet 2017. Le nouveau chef de l’Etat français élu le 7 mai héritera donc d’un pays toujours sous état d’urgence.

‘ La campagne présidentielle est-elle menacée’

Il est évident que le campagne présidentielle, désormais officiellement lancée et encadrée (décompte du temps de parole, etc.) va se poursuivre. Le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon espère une manifestation de masse ce samedi après-midi à la Bastille. Celui du PS Benoît Hamon compte remplir le stade omnisport de Bercy ce dimanche. Et le premier débat télévisé entre les cinq candidats les mieux placés dans les sondages (Fillon, Hamon, Macron, Le Pen, Mélenchon) aura lieu le 20 mars au soir sur TF1. 

Le dispositif de sécurité autour des candidats et de leurs meetings va sans doute être revu à la hausse après cette nouvelle affaire. Et les propositions en matière de sécurité vont revenir à coup sûr au premier plan. 

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