Bachar le chimique

Bachar le chimique

Un rapport de l’ONU établit la responsabilité de Damas dans l’usage d’armes chimiques

Le président syrien Bachar al-Assad a utilisé à deux reprises au moins des armes chimiques contre sa population. C’est la conclusion d’un rapport d’experts de l’ONU. Trois ans très exactement après le gazage des habitants d’un quartier de Damas qui fit des centaines de morts, voici la confirmation que le dirigeant syrien n’hésite pas à recourir aux armes les plus immondes pour annihiler l’opposition sans égard pour les civils.

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Il y a trois ans, l’ONU, malgré un faisceau d’indices qui démontraient l’origine gouvernementale des tirs de roquettes chargées de gaz sarin, s’était abstenue de désigner un coupable, notamment sous la pression de la Russie. Damas s’était toutefois engagé a livré l’ensemble de son stock d’armes chimiques à la communauté internationale en vue de leur destruction. Un geste sans précédent.

Responsabilité première

Aujourd’hui, on a une nouvelle démonstration de la folie meurtrière d’un homme qui a entraîné tout un peuple dans l’autodestruction. Cette cruauté était également mise en lumière par un précédent rapport dressé par Amnesty International il y a une semaine: chaque jour dix détenus meurent en moyenne dans les geôles du régime. 300 par mois, près de 18’000 depuis mars 2011!

Le même rapport de l’ONU indique que Bachar al-Assad n’est pas le seul en cause: l’organisation Etat islamique a elle aussi utilisé l’arme chimique. Le pouvoir syrien et son ennemi le plus radical se retrouvent ainsi sur le même banc des accusés. Cela n’enlève rien à la responsabilité première du régime baasiste dans la spirale de cette violence.

Tribunal international

Au moment où, en Europe, de plus en plus de voix estiment qu’entre deux fléaux il faut choisir le moindre mal, il serait temps de se souvenir du caractère inhumain de la guerre menée par les forces armées syriennes et leurs alliés. On parle de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre systématiques depuis cinq ans.

Ce week-end se retrouvent à Genève les chefs de la diplomatie russe et américain pour tenter d’imposer un cessez-le-feu en Syrie. On ne compte plus les réunions diplomatiques qui ont pour l’heure toutes échoué à ramener la paix. Dans cet imbroglio géopolitique sans équivalent, Bachar al-Assad garde la main. Il fait toujours partie de l’équation. Mais l’avenir de la Syrie ne pourra se dessiner avec cet homme dont la place ne peut être que dans un tribunal international, aux côtés des dirigeants de l’État islamique.

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