Ces start-up romandes qui innovent en matière de vidéo

Ces start-up romandes qui innovent en matière de vidéo

La vidéo à tout va enflamme les géants du Web. Pour Facebook, Twitter ou Google, les contenus diffusés en direct sont une nouvelle manière de retenir l’attention des internautes. Au mois d’août, Microsoft a racheté Beam, un service spécialisé dans la diffusion en ligne de parties de jeux vidéo. Ce rachat lui permettra de rivaliser avec d’autres plateformes de retransmission en streaming comme Twitch, qui appartient à Amazon, ou YouTube Gaming (Google/Alphabet).

Cette masse de vidéos, disponibles en tout temps depuis sa tablette, son smartphone ou son ordinateur, génère toute une série d’innovations proposées par des start-up, dont certaines sont établies en Suisse romande. La start-up vaudoise Jilion, fondée par Mehdi Aminian et Zeno Crivelli, figure aussi parmi les précurseurs. Elle a été reprise en décembre 2013 par la plateforme française de vidéo en ligne Dailymotion. Jilion était parvenue à développer le premier lecteur vidéo HTML5. Cette solution, nommée Sublime Vidéo, permet le visionnage de vidéos en ligne sans l’application Flash Player, non compatible avec les smartphones.

Vidéo à 360 degrés

Désormais, les start-up actives dans la vidéo développent des outils pour mieux hiérarchiser et appréhender ces d’images animées. Certaines innovent aussi au niveau du contenu, en proposant par exemple des vidéos à 360 degrés, à l’exemple de Kenzan, à Carouge (GE). Ce studio a été primé en début d’année lors du Vision Summit 2016 un salon hollywoodien dédié à la réalité virtuelle pour The Fantastic Journeys of Teo and Leonie, un film d’animation où le spectateur peut regarder tout autour de lui plutôt que de suivre la narration principale du film.

La start-up genevoise Kapaw, pour sa part, a lancé cette année une plateforme permettant de réunir des scénaristes, monteurs, journalistes ou vidéastes à travers le monde afin de créer de manière communautaire des vidéos diffusées via les médias sociaux. «Certaines de nos capsules de 60 secondes enregistrent un score de 100’000 à 150’000 vues. Nous sommes suivis par des jeunes de 18 à 34 ans et nous regroupons une centaine de créateurs à travers le monde», explique Geoffrey Moret, l’initiateur de Kapaw, âgé de 24 ans seulement.

La start-up lausannoise IRewind propose, quant à elle, des films personnalisables lors d’événements sportifs. Ses caméras filment chaque utilisateur ayant acquis l’application, envoient les données à un serveur qui les traite, les assemble et les renvoie sous forme de vidéo sur les smartphones des sportifs.

Analyser les performances d’un sportif

Dans le domaine du sport, Dartfish à Fribourg, une société issue de l’EPFL connue pour son système de visualisation des courses en parallèle à la télévision, figure parmi les pionniers. L’entreprise commercialise désormais Dartfish Express, une application pour les smartphones et tablettes. Chacun peut gérer et mettre en ligne ses propres vidéos à partir d’un smartphone.

«L’application utilisée par plus de 100’000 utilisateurs à travers le monde permet d’analyser, image par image, les performances d’un sportif. L’entraîneur peut sélectionner automatiquement des phases de jeu d’une équipe ou analyser les mouvements de l’athlète, directement depuis son smartphone, explique Marco De Rosa, responsable du «business development» chez Dartfish, une société désormais implantée dans douze pays. Notre cerveau comprend beaucoup plus vite ce qu’il voit que ce qu’il lit. De ce fait, la vidéo prendra indéniablement toujours plus d’importance que le contenu écrit.»

Retenir les utilisateurs

Quant à Teleport, à Lausanne, son fondateur, Gavrilo Bozovic, estime: «La vidéo est le média le plus diffusé et le plus consommé en ligne. Et Teleport retient les utilisateurs 10 fois plus longtemps que de la vidéo traditionnelle, passive.» Sa start-up basée à Lausanne, qui lève actuellement des fonds pour ouvrir un bureau aux Etats-Unis et accélérer sa croissance, a développé une plateforme de vidéo interactive en ligne qui permet de naviguer en «scrollant», c’est-à-dire en faisant défiler le contenu à l’aide d’une souris. «C’est ainsi possible de se déplacer très rapidement ou très lentement dans une vidéo. Finies donc les touches Play et Pause. Nous cassons la linéarité et la passivité pour que l’utilisateur puisse se déplacer à son rythme», ex­plique Gavrilo Bozovic.

Le marché des tutoriels visé

La plateforme, lancée en juin, a déjà séduit une quinzaine de clients, dont le Comité international olympique et le Festival Ima­­ges à Vevey. Elle vise désormais aussi le marché des tutoriels. Teleport permettrait d’ajouter du contenu directement dans la vidéo, afin de favoriser par exem­ple le placement de produits de marques cosmétiques dans des tutoriels liés à la beauté. Chaque vidéo a la possibilité d’être complétée d’une manière collaborative par la superposition d’éléments multimédias. Teleport facture l’hébergement de la vidéo sur la plateforme.

«La vidéo est complémentaire au texte», estime pour sa part Ulrich Fischer, réalisateur et fondateur de Memoways. Sa start-up, basée à Genève, a développé une application qui permet, grâce à des mots-clés, de retrouver des informations ciblées dans du contenu vidéo. «Notre application fonctionne par-dessus YouTube, explique Ulrich Fischer, qui prévoit de développer des applications dans le sport, la pédagogie, le tourisme et l’édition. Le but est d’adapter la vidéo au Web en ayant la possibilité de chercher dans les vidéos, avec une navigation fluide et personnalisée. La vidéo permettra à son utilisateur d’obtenir la même expérience que celle sur le Web.»

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