Complot d’un lobby pro-Trump contre le spin-off Rogue One

Complot d'un lobby pro-Trump contre le spin-off Rogue One

Un troll, une rumeur et c’est le bad buzz pour le film dérivé de Star Wars, «Rogue One», accusé de contenir des scènes anti-Trump. Depuis plusieurs jours, ces allégations infondées sont diffusées massivement de la part d’un lobby favorable au président élu qui appelle au boycott à travers le hashtag #DumpStarWars (Lâchons Star Wars). Intox devenue virale, l’anecdote montre la puissance de la désinformation qui parvient à embarrasser le géant Disney, propriétaire de Lucasfilm depuis 2012.

Sorti en salles mercredi, le premier volet du cycle parallèle raconte l’épopée des rebelles pour s’emparer des plans de l’Etoile noire. Et il ne s’attendait pas à cette mauvaise pub. A l’origine du boycott, le mouvement d’extrême droite Alt-right, se présentant comme la «droite alternative», qui a trouvé en Donald Trump sa nouvelle mascotte. En première ligne: @JackPosobiec et ses 58’000 abonnés sur Twitter, «le directeur sécurité et projets spéciaux» de Citizens for Trump, un groupe de militants qui a soutenu la candidature du milliardaire. Jeudi dernier, son tweet lançait les hostilités: «Je viens d’annuler mes billets pour Star Wars Rogue One car les scénaristes ont dit que c’était un film anti-Trump. Je dépenserai mes dollars ailleurs.»

En cause: les tweets des réalisateurs Chris Weitz et Gary Whitta, publiés au lendemain de la défaite de Hillary Clinton puis effacés. «Merci de noter que l’Empire est une organisation de suprémacistes blancs [‘] et leurs opposants sont un groupe multiculturel guidé par une femme courageuse». Il n’en faut pas plus à la machine pour s’emballer. Même @ObamaMalik, le frère de l’actuel président, y croit.

Le précédent PizzaGate

L’affaire rappelle celle du #PizzaGate. En octobre dernier, le propriétaire d’une pizzeria de Washington avait été harcelé par des partisans de Trump qui l’accusaient de protéger des proches de Clinton soi-disant coupables d’actes pédophiles. Relayée par des sites d’extrême droite, comme «The Vigilant Citizen», l’intox avait explosé sur le Web.

Le patron de Disney démend

Face à l’ampleur de la polémique, le patron de Disney’s, Bob Iger, a finalement déclaré lundi au «Hollywood Reporter»: «Toute cette histoire a été montée en épingle, c’est franchement stupide. Il n’y a aucune déclaration politique dans le film.» Disney se préoccupe de l’argent, rien d’autre, confirme un internaute. «En tant que personne libre, je peux profiter d’un film sans être envahie par des messages cachés», commente une autre.

Propagande féministe’

En parallèle, les mêmes milieux accusent le spin-off de diffuser une propagande féministe. Deux héroïnes de Star Wars d’affilée Daisy Ridley et Felicity Jones ça commence à faire beaucoup. «Et Mark Hamill qui dit que Luke Skywalker pourrait être gay’ Il est temps de lâcher Star Wars», s’insurge l’auteur conspirationniste @MarkDice. «Rogue One fait de la propagande parce qu’une femme n’est pas uniquement l’accessoire de l’un des protagonistes’»

Le scénariste Cody Johnston n’a pas peur de le dire: l’industrie hollywoodienne est globalement hostile au président élu. «Ceux qui prônent le boycott vont être déçus lorsqu’ils comprendront que tous leurs films préférés ont été réalisés par des gens qui détestent Trump.» Sur quoi le membre d’Alt-right, Mike Cernovich, harangue: «Arrêtez de donner de l’argent à des gens qui vous détestent!»

Si la rumeur enfle à la vitesse des réseaux, sa durée de vie reste limitée. Pour preuve: la riposte des fans de la saga qui détournent le hashtag pour moquer les tendances paranoïaques et mythomanes du lobby conservateur. Trump est bien présent dans le film, sous les traits de l’alien obèse Jabba le Hutte.

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