Des images pas si sages

Des images pas si sages

Châteaux de sable

C’est une véritable passe d’armes à la plage, avec pour objet: un château de sable!

Une fillette et un garçon ébauchent chacun le leur, sous l »il de leurs pères respectifs qui lorgnent de côté: et si l’autre était plus beau, plus grand’ Impensable! Voici les papas qui se mettent à leur tour à creuser, tasser, démouler’, tandis que les enfants vont jouer ailleurs.

Les jeunes lecteurs s’amuseront de ces adultes ridicules, mais aussi d’autres joyeuses séquences: l’étoile de mer et le crabe, qui attendent le moment d’entrer en scène; la foule disparate (et à peine brumeuse, Stéphane Henrich a le souci de la vraisemblance) des autres vacanciers.

Un exemple parfait de narration silencieuse, d’autant plus agréable à suivre que le trait du dessinateur est vif, expressif, ses couleurs fringantes, ses mises en scène dynamiques jouant parfaitement entre les éléments immobiles (les transats) et les petits événements de l’après-midi.Et le temps de s’écouler délicieusement au gré des départs des vacanciers en toile de fond et de l’arrivée de la marée qui mettra tout le monde d’accord! au premier plan.

Stéphane Henrich, Châteaux de sable, Kaléidoscope. Dès 3 ans.

Une tornade gravée dans le cuivre

Bien plus dramatique, mais proposant aussi une scénographie parfaite, La Tornade frôle le documentaire, tant son auteur peaufine les détails, son souci de précision allant jusqu’à proposer des vues en coupe: à l’intérieur d’une grange, d’un arbre, ou encore sous terre.

Avec pour seuls mots l’indication de l’heure, Arthur Geisert raconte: ce samedi 15 juillet à 12h15, un pick-up part livrer du foin. A l’intérieur, deux hommes, deux enfants et un chien. Ils voient, au loin, l’orage qui s’approche. On débarque quelques bottes, la voiture repart. Il est 13h40 et du linge est rentré en urgence, bientôt la pluie s’abat sur la campagne, l’horizon s’obscurcit et la tornade passe, emportant tout sur son passage.

Une dernière image montre une nature apaisée, il est 18h15 et des bêtes regardent l’orage s’éloigner’

Des illustrations remarquables elles ont été gravées sur cuivre, imprimées à la main puis colorisées à l’aquarelle donnent à cette succession de scènes une nuance atemporelle, formidablement vivante. La pluie, les nuages apportent à chaque page son lot de hachures, toutes différentes, conduisant l »il dans les coins et recoins où l’histoire se fractionne et se construit.

Arthur Geisert, La Tornade, Les éditions des éléphants. Dès 5 ans.

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