Drame à Genève, le videur du Rooftop 42 n’est pas un meurtrier

Drame à Genève, le videur du Rooftop 42 n'est pas un meurtrier

Le videur du Rooftop 42 est reconnu coupable d’homicide par négligence et de lésions corporelles graves pour avoir frappé un client à la tête et causé ainsi sa chute sur le sol en marbre. Le Tribunal correctionnel a écarté le meurtre par dol éventuel soutenu par le Ministère public. Au lieu des dix ans requis, l’ancien champion du monde de full-contact est condamné une peine de trois ans avec sursis partiel. Ayant déjà passé plus de seize mois de détention provisoire, ce Français, âgé de 59 ans, devrait sortir de prison début mars.

La défense, représentée par Me Simon Ntah et Louise Steinfels, est totalement satisfaite de ce jugement qui écarte toute intention homicide. Le risque de provoquer un décès en donnant un coup au visage est rare, a souligné le tribunal. Le prévenu, dont les déclarations ont été considérées comme globalement sincères, n’a pas frappé en envisageant et en acceptant cette issue mortelle. Il voulait faire taire un client qui s’était montré agité, insultant et provocateur après une expulsion ressentie comme injuste.

Pas d’acharnement

Dans une brève motivation orale, le tribunal a relevé que le videur a asséné les coups de sa main la moins puissante et n’a pas frappé sa victime lorsque celle-ci s’est retrouvée au sol avant la chute fatale. Le client, sonné par un coup de tête, deux crochets du gauche et un coup dans le ventre, est tombé comme une masse. Les juges n’ont pas retenu que le videur l’avait tiré en arrière. Réalisant la gravité de la situation, ce dernier est remonté stressé, les larmes aux yeux, pour appeler des secours et attendre l’arrivée de la police. Il a répété qu’il ne voulait pas faire de mal à ce client.

Avec de tels coups, le videur a toutefois gravement violé son devoir de prudence en excédant clairement les limites du risque admissible, a souligné le tribunal pour retenir l’homicide par négligence. Il savait aussi que ses frappes pouvaient entraîner de graves lésions corporelles en raison de sa maîtrise des arts martiaux et des sports de combat.

Entêtement incompréhensible

Pour décider de la sanction, les juges ont encore dit que la faute du videur était importante. Le tribunal a eu de la peine à comprendre pourquoi le prévenu n’a pas renoncé une fois ce client sorti de l’ascenseur et pris en charge par d’autres agents de sécurité. «Son entêtement à revenir vers lui est incompréhensible, de même que les coups portés.» Même si l’accumulation des tensions est une réalité pour ceux qui travaillent dans le monde de la nuit, il devait savoir affronter une telle situation car cela fait partie du métier.

Cette colère non maîtrisée ainsi qu’une tendance à perdre le contrôle, attestée par des incidents plus anciens, ont poussé le tribunal à imposer un suivi psychothérapeutique comme règle de conduite durant toute la durée du sursis. La partie ferme de la peine a été fixée à son maximum, soit dix-huit mois.

La victime, décédée à 43 ans dans des conditions effroyables après neuf mois de coma, laisse derrière elle une épouse et deux filles adolescentes. Leurs avocats, Mes Alec Reymond et Alexandra Lopez, examineront encore l’opportunité ou pas de faire appel.

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