Emmanuel Macron le choix des Suisses de France

Emmanuel Macron le choix des Suisses de France

29. avril 2017 – 17:46

Emmanuel Macro passe pour un candidat proche des prĂ©occupations des Français. A vĂ©rifier Ă  l’Ă©preuve des faits.

(Keystone)

L’Union des Associations Suisses de France tient ce week-end sa rĂ©union annuelle Ă  Vichy. L’occasion de prendre la tempĂ©rature parmi les expatriĂ©s, Ă  une semaine du 2e tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle de leur pays d’adoption. Leurs prĂ©fĂ©rences vont clairement Ă  Emmanuel Macron, un choix qui semble surtout motivĂ© par la volontĂ© de faire barrage au Front national.

Pour leur 59e rĂ©union annuelle, les Suisses de France ont cette annĂ©e choisi la ville de Vichy, situĂ©e en Auvergne, en plein centre du pays. Cette ville d’eau calme et pittoresque ne semble guère atteinte par la fièvre Ă©lectorale du moment, qui tourne pourtant presque en boucle sur les chaĂ®nes d’informations tĂ©lĂ©visĂ©es et qui fait la une de tous les journaux.

En dĂ©ambulant en ville, nulle trace de l’important rendez-vous Ă©lectoral Ă  venir. Pas de stands dans les rues, pas d’affiches. Un seul dĂ©tail Ă©voque les Ă©lections. Au dĂ©tour d’une rue, une voix Ă©nervĂ©e de femme se fait entendre depuis un local minuscule. «C’est dĂ©goĂ»tant ce qu’on lui a fait. Il n’a pourtant tuĂ© ni fait tuer personne». Ce local est la permanence du parti «Les RĂ©publicains». Pas difficile dès lors de comprendre que l’on y ressasse la dĂ©faite de François Fillon.

Dans l’hĂ´tel oĂą les Suisses de France sont rĂ©unis, les Ă©lections ne sont pas non plus au c’ur des conversations, ce qui est presque Ă©tonnant pour un observateur de l’extĂ©rieur. «Il y a peut-ĂŞtre un peu de lassitude. Nous sommes ici pour parler d’autre chose», explique Dominique Baccaunaud, du cercle de Guyenne et Gascogne. «J’ai des cousins en Suisse qui parlent plus de cette Ă©lection que moi», plaisante Marie Paul Guignard, du cercle de Besançon.

Refus du Front national

Mais en leur posant directement la question, les participants Ă  la rĂ©union se montrent plus loquaces. Ce qui saute immĂ©diatement aux yeux, c’est que le Front national ne fait pas recette auprès des Suisses de France. En tout cas, aucune des nombreuses personnes approchĂ©es a indiquĂ© vouloir donner sa voix Ă  Marine Le Pen lors du 2e tour.

«Les partisans du Front national sont presque introuvables parmi nous. De par leur culture politique, les Suisses ne sont pas très portĂ©s vers les extrĂŞmes», indique Roger Sauvain, de l’Union helvĂ©tique de Lyon. «Il y a une vraie angoisse par rapport au Front national. La montĂ©e de Marine Le Pen perturbe beaucoup d’entre nous», ajoute Francis Weill, de l’Association de l’HĂ´pital suisse de Paris.

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L’idĂ©e d’une accession de Marine Le Pen Ă  la prĂ©sidence fait presque tressaillir certains Suisses. Et lorsqu’on leur fait remarquer que, compte tenu de la configuration politique actuelle en France, ce scĂ©nario est impossible ou pour le moins très hautement improbable, certains dĂ©clarent qu’ils seront inquiets jusqu’au tout dernier moment. Vraie inquiĂ©tude ou juste une petite envie de se faire peur’ Mystère.

DĂ©fendre l’Union europĂ©enne

Pour justifier leur refus du Front national, les Suisses de France citent exclusivement des motifs d’ordre Ă©conomique. Marine Le Pen au pouvoir signifierait une fermeture, un repli sur soi, du protectionnisme; autant de points qui se solderaient par une ruine du pays.

Mais c’est en fait l’hostilitĂ© affichĂ©e de Marine Le Pen Ă  l’Union europĂ©enne qui les irrite tout particulièrement. «J’ai peur pour l’UE et il y a beaucoup de Suisses qui pensent comme moi», indique par exemple Margrit Bachmann, de Vichy.

«Le Frexit’ n’est effectivement pas vendeur auprès de nous», renchĂ©rit Marie Paul Guignard. «Marine Le Pen a très peu de partisans parmi nous, car les Suisses de France sont très bien intĂ©grĂ©s dans l’Union europĂ©enne», juge Martin Strebel, de Paris.

Qui gouvernera la France pendant les cinq prochaines annĂ©es’ Le 23 avril se tiendra le premier tour de la prĂ©sidentielle, Ă©lection phare de la vie …

Un saut dans l’inconnu

Le 2e tour de la prĂ©sidentielle, qui aura lieu le dimanche 7 mai, prĂ©sente la particularitĂ© de ne pas compter de reprĂ©sentants des grands partis historiques qui se sont partagĂ© le pouvoir ces dernières dĂ©cennies. «C’est une Ă©lection très particulière qui pose beaucoup de question», note François Bodmer, de Clermont-Ferrand.

Il semble d’ores et dĂ©jĂ  certain que la plupart des Suisses de France qui voteront une grande partie d’entre eux possĂ©dant la double nationalitĂ© accorderont leur voix Ă  Emmanuel Macron. Certains sont persuadĂ©s qu’il est un bon candidat.

C’est notamment le cas de Francis Weill, qui avait dĂ©jĂ  votĂ© pour lui au 1er tour. «C’est le candidat du consensus Ă  la suisse», note ce mĂ©decin parisien. Elisabeth Etchart est Ă©galement convaincue que c’est un bon choix. «Les Français en ont assez du traditionnel clivage entre la gauche et la droite et Emmanuel Macron est le plus en phase avec leurs prĂ©occupations», estime la prĂ©sidente de l’Union suisse du Genevois.

Cependant, bon nombre des personnes interrogĂ©es par swissinfo.ch indiquent que le choix du candidat du mouvement «En marche», est avant tout un choix par dĂ©faut pour Ă©viter Marine Le Pen. Car dans le fond, personne ne sait très bien qui est ce candidat de 39 ans, qui n’a jamais Ă©tĂ© Ă©lu, qui ne dispose pas d’un appareil de parti fort et dont les contours du programme restent assez flous.

«Emmanuel Macron, c’est un saut dans l’inconnu, rĂ©sume Dominique Baccaunaud. Ce sera peut-ĂŞtre un tremplin pour rĂ©flĂ©chir Ă  une autre manière de faire de la politique, sinon on retombera dans les mĂŞmes travers.»

Elections aussi Ă  l’UASF

La rĂ©union de l’UASF de Vichy a Ă©tĂ© l’occasion d’Ă©lire les douze membres qui reprĂ©senteront la France au Conseil des Suisses de l’Ă©trangerLien externe (CSE) lors de la prochaine lĂ©gislature.

Les élus sont (par ordre alphabétique): Jean-Paul Aeschlimann, Dominique Baccaunaud, Jean-Paul Beti, Jacques de Buffet, Christian Cornuz, Valéry Engelhard, Stéphanie Leu, Françoise Millet-Leroux, Daniel Plumet, Roger Sauvain, Vincent Tornare et Francis Weill.

Actuelle membre du conseil, Elisabeth Etchart a été élue conseillère suppléante. La personne élue à cette fonction nouvellement créée est destinée à remplacer un conseiller qui ne pourrait pas être présent à une séance du CSE. 

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