Herr Doktor Van der Bellen met en échec l’extrême droite autrichienne

Herr Doktor Van der Bellen met en échec l'extrême droite autrichienne

L’ancien dirigeant des Verts a été élu président avec 50,3% des voix devant le candidat du FPÖ Norbert Hofer. Cet austère professeur d’économie s’affiche comme un fils de réfugiés et un amoureux de la patrie

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Julie ContiPublié lundi 23 mai 2016 à 16:55.

«Herr Doktor Van der Bellen», c’est le petit nom sarcastique qu’aimait lui donner son adversaire d’extrême droite pour les présidentielles, Norbert Hofer. Alexander Van der Bellen n’a pas fait grand-chose pour casser son image d’austère professeur d’économie. A 72 ans, cet amateur de littérature russe du XIXe siècle a refusé durant la campagne de verser dans la séduction ou dans la démagogie. Il a été un candidat discret dans une campagne électorale calme et policée. 

Le nouveau président s’est fait connaître pour les longs temps de réflexion qu’il s’accorde avant de répondre aux questions des journalistes. Quelques secondes qui paraissent des heures à l’ère de la politique spectacle. On lui a reproché d’incarner l’élite quand son adversaire représentait le peuple. De fait, son image d’homme de gauche plaît surtout aux artistes, aux féministes et aux intellectuels. Il a milité dans les rangs des sociaux-démocrates avant de rejoindre le parti des Verts qu’il a présidé durant onze ans.

Fils d’exilés russes

Il a fait de ce parti l’une des quatre forces politiques du pays aux côtés du SPÖ des sociaux-démocrates, de l’ÖVP des conservateurs-chrétiens, et de l’extrême droite du FPÖ. Mais c’est en indépendant avec l’appui financier des Verts qu’il s’est présenté à la présidence.

Dans une campagne marquée par la question des exilés syriens 90’000 demandeurs d’asile, soit 1% de la population, ont été enregistrés lors de la crise de fin 2015 Alexander Van der Bellen s’est positionné comme un «enfant de réfugiés». Sa famille a quitté les Pays-Bas pour la Russie au XVIIIe siècle d’où elle fut ensuite chassée vers l’Estonie par les bolcheviques, puis vers le Reich où Alexander est né, avant de s’installer dans le Tyroll autrichien. C’est dans ces vallées qu’il a élevé ses deux fils. En secondes noces, il a épousé il y a quelques mois une militante des Verts.

Afin peut-être de contrebalancer la consonance un peu exotique de son nom de famille, le professeur s’est fait photographier pour ses affiches électorales au pied des spectaculaires glaciers qui l’ont vu grandir. Le mot «patrie» apparaît en gras et en bonne place sur ses affiches électorales.

Ses adversaires le traitent de socialiste, l’un d’eux l’a même qualifié de pastèque vert dehors, rouge dedans. Ce n’est pas l’avis des militants de son ancien parti qui jugent sa politique économique trop libérale. Alexander Van der Bellen prendra ses fonctions le 8 juillet.

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