HopSkipDrive une application pour transporter ses enfants

HopSkipDrive une application pour transporter ses enfants

Quand il s’agit de continuer de promouvoir l’économie collaborative du futur, la Silicon Valley connaît la recette: une comparaison vulgarisatrice avec un fleuron de la «sharing economy» comme Airbnb ou Uber d’abord; deux tours de table pour financer la nouvelle trouvaille révolutionnaire ensuite. Le nouvel élu de l’écosystème californien s’appelle HopSkipDrive, une application présentée comme un Uber pour enfants et qui vient de lever dix millions de francs un an après en avoir déjà encaissé trois. Le fonds d’AOL dédié aux start-ups fondées par des femmes, BBG Ventures, fait partie des investisseurs. Le Temps avait rencontré sa dirigeante en février dernier.

Lancée l’an dernier par trois co-fondatrices de Los Angeles, le service de VTC (Véhicule de tourisme avec chauffeur) en ligne débarque dans la baie de San Francisco après s’être rôdé dans la Cité des anges et sa grande banlieue. Définie par sa directrice générale Joanna McFarland comme «un service de baby-sitters au volant», HopSkipDrive offre exactement les mêmes avantages de Uber et Lyft sans en être le concurrent. La raison est simple: ses passagers ont entre 6 et 17 ans. Comme les deux pionniers du VTC, l’application permet de réserver un chauffeur en ligne et de payer via la carte de crédit enregistrée à l’ouverture du compte.

La grosse différence est que chez HopSkipDrive, les conducteurs sont des nounous d’au moins 23 ans avec un minimum de cinq ans d’expérience dans la garde d’enfants. L’intérêt pour les parents ciblés par la plate-forme’ Permettre la mobilité de leur progéniture quand les transports publics et leurs contraintes d’emploi du temps ou de logistique contrarient les déplacements.

Shuddle, échec et contre-exemple

Persuadée que son offre répond à une demande de plus en plus croissante dans les grandes métropoles des Etats-Unis, Joanna McFarland estime que «des millions de familles ont besoin de ce service», à condition quand même d’en avoir les moyens. Le prix des transports publics, les distances entre le domicile, les écoles et le lieu de travail des parents ajoutés aux horaires de boulot de plus en plus chargés plaident en faveur de la démocratisation possible de HopSkipDrive. Pour convaincre chaque utilisateur de laisser son enfant voyager avec un(e) inconnu(e), la plateforme met le paquet sur les garanties, les entretiens individuels et les vérifications au préalable. Il s’agit évidemment de rassurer.

L’argument sécuritaire est tellement au c’ur de la réussite de son modèle économique que l’application exige des voitures de moins de dix ans. Pour l’instant les conductrices sont des mères de famille, des nounous et des professeurs qui cherchent à arrondir les fins de mois. Leur comportement pendant chaque trajet est surveillé et les parents peuvent suivre la course de la prise en charge au dépôt. Cela sera-t-il suffisant pour franchir le nouveau cap de développement attendu par les capital-risqueurs qui ont investi dans HopSkipDrive’ Il y a deux mois, une application similaire, Shuddle, lancée en 2014, a mis la clef sous la porte.

Sur le papier, la demande pour un tel service existe si l’on en croit les conclusions d’une étude de 2015 du Pew Research Center. Elle concluait que 56% des parents actifs avaient du mal à équilibrer vie professionnelle et responsabilités familiales, 4 mères sur 10 affirmant se sentir en permanence sous pression.

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