La Banque centrale européenne va-t-elle poursuivre son QE’

La Banque centrale européenne va-t-elle poursuivre son QE'

Depuis quelques mois, les réunions de la Banque centrale européenne (BCE) se suivent et se ressemblent. L’attentisme domine et les perspectives d’inflation sont souvent révisées à la baisse. La poursuite du programme de rachat d’actifs se termine en mars de l’année prochaine et pour le moment aucune information n’a filtré.

Il est cependant clair que le comité de politique monétaire européen attende la confirmation de la hausse des taux américains le mois prochain, maintes fois repoussée. La BCE verrait donc sa marge de man’uvre s’accroitre car la demande en dollar continuerait à augmenter. La réussite d’une politique monétaire dépend beaucoup de l’environnement global et la compétitivité à l’international est primordiale. Pouvoir importer de l’inflation est nécessaire et il semble que cela soit finalement possible.

Maintenant, un problème inhérent à toute politique monétaire accommodante se pose pour Mario Draghi. La poursuite de son plan d’assouplissement quantitatif nécessite d’avoir assez d’obligations à acheter. Assez signifie en trouver pour 80 milliards d’euro par mois. Il apparait très improbable que Draghi annonce un arrêt du QE à cause d’un manque d’obligations disponibles. La correction économique sur les marchés actions et obligations serait majeure. C’est pour ces raisons ce que les marchés attendent moins de savoir si le QE va être prolongé après mars que de savoir quelles seront les modalités de cette prolongation.

De plus, la Banque centrale a deux contraintes structurelles à son programme. L’institution ne peut pas acheter des obligations dont le taux est supérieur aux taux de rémunération des dépôts, actuellement à -0,4%. Et il n’est pas possible que la BCE possède une part supérieure à 33% de la dette d’un pays. Il est clairement envisageable qu’en l’état actuel de l’économie européenne, à savoir une croissance modeste aux alentours de 2% et une inflation quasi-nulle, ces contraintes devront certainement être levées et entraineront encore une fois le marché des obligations à la hausse.

Il y a toutefois sur le marché quelques éléments qui permettent de dire qu’un point d’inflexion a certainement été atteint. Un dollar fort permettra pour la zone euro de continuer à importer de l’inflation. La Chine est également en train de devenir exportatrice d’inflation au vu des derniers chiffres et c’est ce que les officiels de la BCE attendent de confirmer. S’éviter de rentrer dans une politique monétaire jusqu’au-boutiste à la Japonaise est de toute évidence l’objectif principal et justifie le mutisme récent.

Enfin, et même si cela parait contradictoire, les tensions politiques de la zone euro apportent de la marge de man’uvre à la BCE qui voit les incertitudes peser sur sa monnaie s’accentuer d’autant plus que ces tensions sont souvent temporaires.

Le Brexit en est un exemple parfait car le résultat du vote du 23 juin a maintenant de moins en moins de chance d’être suivi par une sortie réelle du Royaume-Uni. La cour suprême Anglaise donnera son avis quant à savoir si le parlement de Westminster doit effectivement donner son approbation pour le déclenchement de l’article 50. Inutile de rappeler que le parlement britannique est majoritairement constitué d’europhiles’

C’est donc là que se trouve la frontière entre l’économie et la politique, les référendums peuvent toujours être largement outrepassés et n’auraient qu’une valeur consultative. Par exemple, en Italie, même si le référendum constitutionnel ne devrait pas passer, il peut être à prévoir que ce changement de constitution soit tout de même adopté. Le référendum grec sur les politiques d’austérité en est un autre exemple, il n’a été qu’une trahison de Syriza. De la même manière, le traité de Lisbonne en France en 2005 a été approuvé par le Parlement français bien que rejeté, encore, par référendum. L’euro reste donc faible aussi grâce aux tensions de la zone euro et pourtant les programmes d’assouplissement quantitatifs de la BCE ont été bien inefficaces jusqu’à présent’

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