La belle histoire de Marine Le Pen

La belle histoire de Marine Le Pen

L’eurodéputée Front National était radieuse à Bruxelles. Pressée de reprendre le flambeau du Brexit

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France

Richard WerlyPublié mardi 28 juin 2016 à 21:16.

«Regardez comme l’histoire est belle! Vos menaces d’apocalypse n’ont mené nulle part». Marine Le Pen a désormais une mission au parlement européen, où elle est élue depuis 2004: reprendre le flambeau du Brexit pour continuer à attiser la flamme souverainiste, en lutte contre une Union qu’elle a de nouveau assimilée mardi à une «organisation totalitaire». La présidente du Front National a bien compris l’avantage qu’elle peut tirer du référendum britannique, une fois que Nigel Farage aura quitté l’hémicycle communautaire. Faute de s’entendre avec l’eurodéputé indépendantiste anglais, elle avait dû attendre de longs mois avant de pouvoir constituer, à la mi 2015, son groupe Europe des nations et libertés composé de 38 parlementaires, dont les 21 eurodéputés du FN et du «Rassemblement bleu marine» élus en 2014. Farage «out», la posture de la candidate déclarée à la présidentielle française se trouvera donc renforcée. Avec comme cible principale deux pays: la France et les Pays-Bas, où son allié Gert Wilders, chef du parti de la liberté, réclame lui aussi un référendum de sortie de l’UE.

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Le plus important, pour Marine Le Pen, est néanmoins le capital de crédibilité domestique que le Brexit lui donne. Même si les derniers sondages annoncent un tiers seulement des Français favorables au retrait de l’Union, son discours souverainiste percutera davantage si les négociations avec le Royaume-Uni finissent par bien se dérouler. L’intéressée a d’ailleurs, à la tribune de l’europarlement, défendu comme Nigel Farage la coopération entre les «nations libres». Et elle s’est esclaffée en guise de riposte, lorsque le président de la Commission Jean-Claude Juncker a conclu, sur un ton grave: «J’ai compris aujourd’hui, à nouveau, qu’il ne faut pas laisser les nations aux nationalistes».

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