La branche syrienne d’Al-Qaïda veut faire capoter la trêve. Et vite

La branche syrienne d'Al-Qaïda veut faire capoter la trêve. Et vite

Les Etats-Unis se sont engagés à frapper le Front Al-Nosra si les troupes de Bachar el-Assad respectent le cessez-le-feu

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Simon PetitePublié mardi 13 septembre 2016 à 21:08.

Ne cherchez pas plus loin. S’il y a un acteur qui a intérêt à ce que la trêve vole en éclats, c’est bien le Front Al-Nosra. Et rapidement. En effet, selon l’accord russo-américain arraché vendredi à Genève, si Moscou parvient à tenir les troupes de Bachar el-Assad et que le cessez-le-feu est respecté pendant une semaine, Washington se joindra aux frappes contre la branche syrienne d’Al-Qaïda. La semaine dernière, son chef militaire dans la ville assiégée d’Alep, a été tué par un mystérieux missile.

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«Ce n’est pas un hasard si cet accord a été annoncé à la veille de la commémoration du 11 septembre. Personne aux Etats-Unis ne peut décemment critiquer le fait de s’attaquer à Al-Qaïda», analyse Fabrice Balanche, chercheur invité au Washington Institute.

Le Front Al-Nosra avait senti venir le coup et s’était officiellement distancié de l’organisation autrefois dirigé par Ousama Ben Laden. Le mouvement s’est rebaptisé Fateh al-Cham. «Mais son idéologie n’a en rien changé et il n’a pas rompu avec Al-Qaïda», tranche Fabrice Balanche. Américains et Russes appellent les autres factions rebelles à se désolidariser immédiatement des djihadistes, qui, contrairement à leurs rivaux de l’Etat islamique, sont très majoritairement syriens.

Est-ce réaliste’ Fabrice Balanche en doute: «Al-Nosra est devenu la composante la plus puissante de la rébellion. Elle est présente à Idlib, à Alep mais aussi dans le sud de la Syrie». Ses combattants seraient au nombre de 10’000. Pas les plus nombreux mais les plus aguerris, car ils ont fait leurs armes en Afghanistan ou en Irak. C’est sous leur impulsion que le siège des quartiers est d’Alep a pu temporairement être brisé au mois d’août.

Le Front Al-Nosra n’hésite pas à éliminer tous ceux qui se mettent en travers de son chemin. Il est aussi toujours largement soutenu par l’Arabie saoudite et le Qatar, qui n’ont pas renoncé à chasser Bachar el-Assad du pouvoir. «Al-Nosra va sans doute inciter ses partenaires à briser la trêve en répondant aux immanquables provocations du régime», pronostique Fabrice Balanche.

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