La Confédération investit un million par an dans la photographie

La Confédération investit un million par an dans la photographie

Le Temps: Quel rapport entretenez-vous à la photographie’

Alain Berset: J’ai toujours eu un intérêt pour la photographie, dans un cadre familial et privé surtout. Je fais moi-même beaucoup de photo et je suis allé jusqu’à développer mes films couleurs, des Kodachrome 64 puis des cibachromes dans le laboratoire professionnel que mon oncle et ma tante tenaient à Marly. Aujourd’hui, j’admets prendre énormément d’images avec mon smartphone. Le paysage qui figure sur mon profil Twitter est par exemple une photo que j’ai prise. Et puis j’aime beaucoup aller voir des expositions.

– Avez-vous eu le temps d’en voir ici, à commencer par celles des artistes suisses’

– J’en ai vu quelques-unes, dont les suisses, mais ce n’est jamais assez. Ayant peu de temps, je n’ai pas essayé de comprendre à qui j’avais à faire mais me suis laissé imprégner par les images.

– La forte présence helvétique ici est notamment due à l’investissement de Présence Suisse, assuré pour trois ans. Faudrait-il le reconduire ensuite’

– Présence suisse a effectué un travail immense. Ce café est à la fois convivial et exigeant. L’image de la Suisse véhiculée est très forte, mais pour la suite, il faut voir avec eux. Nos artistes sont de toute façon à l’aise dans les réseaux internationaux. Ils étaient présents à la Biennale de Venise également; il y a toujours des Suisses dans tous les coins!

– La photographie ne semble pas être une priorité de la politique culturelle suisse malgré les talents, les écoles’

– Si on regarde ce que fait Pro Helvetia, l’Office fédéral de la culture avec les prix de design, la politique d’achat de la Confédération’ environ un million est investi chaque année dans le domaine (contre 50 millions de francs qui vont de la Confédération au cinéma et plus de 5,5 millions qui vont à la littérature, ndlr). Ce n’est pas rien, même si ce n’est pas toujours très visible ni vendu comme quelque chose de cohérent. Et il y a tous les investissements aux niveaux communaux et cantonaux. Le musée de l’Elysée dépend de l’Etat de Vaud par exemple.

– Pourquoi intégrer la photographie dans des prix de design plutôt que lui offrir des prix ad hoc’

– C’est une question de choix politique. Nous avons commencé avec un certain nombre de prix. Quatre photographes ont été récompensés cette année et c’est cela qui compte.

– Le dernier message culturel mentionne la conservation comme une priorité. Les besoins sont énormes’

– C’est une question primordiale. Elle m’importe beaucoup, car je me suis occupé quelque temps d’une fondation fribourgeoise destinée à préserver le patrimoine visuel de la région. La nécessité aujourd’hui est de coordonner le travail des institutions déjà actives comme la Fondation suisse pour la photographie, la Cinémathèque ou le Musée de l’Elysée. Le soutien à la relève est un autre enjeu important.

– Vous venez de discuter avec votre homologue française. Quels ont été les points abordés’

– La discussion a essentiellement porté sur le film et des rencontres sont prévues bientôt. Nous avons également parlé design, industrie du jeu, liens entre culture et économie ainsi que commémoration des 500 ans de la Paix perpétuelle, un événement ayant créé une forme de stabilité sur le continent.

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