La votation sur le Brexit expliquée en cinq minutes

La votation sur le Brexit expliquée en cinq minutesPourquoi le Royaume-Uni vote-t-il’

David Cameron en avait fait une promesse électorale en 2013. S’il était réélu, il organiserait un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’union européenne.

Quel sera le texte sur lequel les Britanniques devront se prononcer’

«Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’Union européenne ou quitter l’Union européenne’»

Les votants auront le choix entre deux réponses:

«Rester membre de l’Union européenne»«Quitter l’Union européenne»

Qui peut voter’

Les Britanniques qui vivent au Royaume-Uni ou l’ont quitté il y a moins de quinze ans, les Irlandais et les citoyens des pays membres du Commonwealth résidant au Royaume-Uni ou à Gibraltar ainsi que les Irlandais nés en Irlande du Nord et ayant quitté le pays depuis moins de quinze ans.

Quand vote-t-on’

Le référendum a lieu le jeudi 23 juin, de 7 heures à 23 heures. Les résultats devraient être connus le lendemain.

Les arguments favorables à un «Brexit»

Il y a trois types d’arguments principalement.

Les arguments de souveraineté:

L’adhésion à l’Union européenne empêche le pays de modifier sa loi comme il l’entend.

En sortant de l’UE, la Grande-Bretagne pourrait négocier ses propres accords de libre-échange avec les pays asiatiques.

Les arguments économiques:

En 2015, le Royaume-Uni devait verser £ 18 milliards (24,82 mds de francs suisses) au budget européen. Mais les Britanniques bénéficient d’un rabais, négocié dès 1984 par Margaret Thatcher. En 2015, cette réduction équivalait à un peu plus de £ 5 milliards (6,89 mds de francs).

Le pays a donc payé £ 12,9 milliards (17,79 mds de francs) à l’Union européenne, ou £ 250 millions (344,74 millions de francs) par semaine.

Par ailleurs, le pays en récupère une partie, au titre de la politique agricole commune, du développement des régions les plus pauvres ou d’autres mécanismes. En tout, près de 6 milliards de livres sterling (8,27 mds de francs) reviennent en Grande-Bretagne. Le pays reste néanmoins l’un des principaux contributeurs nets au budget européen.

De plus, Les réglementations européennes les plus onéreuses coûtent plus de £ 22 mds (30,34 mds d ») aux entreprises britanniques et la bureaucratie de l’union européenne étouffe les entreprises.

Les arguments de l’immigration:L’année dernière, 270’000 personnes de l’UE sont venues s’installer en Grande-Bretagne. Depuis 2004, cela représente 1,25 million de personnes. Il faut une immigration basée sur les compétences des personnes, par sur leur origine géographique.

L’immigration coûte cher au système de santé et au système social britannique.

Les arguments favorables à un maintien dans l’Europe

Les arguments de la souveraineté: Le Royaume-Uni peut davantage peser sur la scène internationale en étant dans l’UE qu’en dehors.

Dans les négociations qu’il a engagées avec les autres chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, David Cameron, a obtenu satisfaction sur plusieurs de ses revendications liées à la compétitivité, la souveraineté ou à la libre circulation des personnes et le versement de prestations sociales aux migrants de l’UE.

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Les arguments économiques:

L’UE est le principal partenaire commercial du Royaume-Uni. Ça équivaut à plus de £ 500 mds chaque année (689.48 mds de francs), presque la moitié de son commerce en biens et services! Et le tout est exonéré de taxes douanières, grâce au marché unique. Aucune autre alternative que de rester dans l’UE ne donnera un accès total au marché unique, sans participer au budget de l’UE et sans accepter une immigration européenne.

Une étude du ministère britannique prédit une chute du PIB entre 3,4% et 9,5%. Ça équivaut à une perte nette annuelle de £ 36 mds (49.64 milliards de francs).

L’incertitude des marchés face à une sortie de l’UE pénalise déjà le Royaume-Uni. Le pays est plus mal noté par des instituts d’évaluation.

Près de 3 millions d’emplois sont liés à l’Union européenne; potentiellement, plus de 800’000 Britanniques vont être au chômage. La fourchette basse d’un scénario à deux ans admet une augmentation de 500’000 chômeurs.

Le choc d’un Brexit pourrait, à court terme, ralentir considérablement l’investissement commercial, la production et la consommation.

Les arguments de l’immigration:L’immigration a apporté au Royaume-Uni un gain de plus de 20 milliards de livres (27.58 mds de francs) depuis 2001, si l’on considère les impôts payés par les immigrants et les allocations qu’ils ont pu toucher.David Cameron a négocié, en février dernier, avec l’UE un accord limitant l’accès à certaines prestations aux nouveaux travailleurs entrants.

La sortie de l’Union européenne pourrait aussi déstabiliser l’Irlande du nord qui devrait sortir de l’UE alors que l’Irlande est membre.

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Qui milite pour le Brexit’
Certains conservateurs comme l’ex-maire de Londres Boris Johnson, Michael Gove, ministre de la justice et John Whittingdale ministre de la culture.
Le plus gros donateur du parti travailliste John Mills.
Le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip).
De nombreuses entreprises veulent quitter l’Europe à cause de toute la bureaucratie nécessaire, telles que JD Wetherspoon, une chaîne de pubs britanniques, de Carphone Warehouse, de Dyson ou encore de Reebok.
Qui est en faveur d’un maintien’
Le premier ministre David Cameron ainsi que la majorité des membres du gouvernement conservateurs, comme les ministres des finances George Osborne, des affaires étrangères Philip Hammond ou de l’intérieur Theresa May.
La grande majorité des élus travaillistes et le dirigeant du parti Jeremy Corbyn.
Les indépendantistes écossais du SNP.
La plupart des multinationales dont RioTinto, HSBC, Royal Dutch Shell, mais aussi les sociétés impliquées dans les mouvements internationaux, comme les deux géants de l’aviation, RyanAir et EasyJet et les fabricants d’automobiles.

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Que disent les sondages’

Les premiers sondages montraient les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’union européenne gagnants, mais les plus récents montrent que les deux camps sont au coude à coude.

Quelles seraient les conséquences d’un Brexit’

Jamais un pays membre n’a encore quitté l’Union européenne. Les traités prévoient une période de deux ans de négociation des conditions de sortie, en particulier sur l’accès au marché unique européen.

Une telle décision aurait toutefois des conséquences immédiates, sur le plan financier de nombreux économistes prévoient une violente secousse sur les marchés financiers et un coup de frein des investissements et politique, alors que l’Union européenne est déjà fragilisée par la crise des réfugiés et la montée des populismes.

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