Le numéro deux de la police face à un ultimatum

Le numéro deux de la police face à un ultimatum

Officiellement suspendu le 5 février à titre provisoire suite à l’ouverture d’une enquête administrative à son encontre, le chef des opérations de la police genevoise Christian Cudré-Mauroux serait invité par l’exécutif cantonal à donner sa démission, indique jeudi la RTS. S’il venait à refuser, il pourrait «se voir réintégrer avec dégradation».

C’est tout du moins la sanction qu’aurait proposée son magistrat de tutelle, le conseiller d’Etat chargé de la Sécurité Pierre Maudet. Le numéro deux de la police aurait jusqu’à mardi prochain, veille de séance hebdomadaire du Conseil d’Etat, pour donner sa réponse. Toujours selon le service public, le collège gouvernemental aurait mandaté son président pour négocier avec l’intéressé un départ volontaire. Contacté via son porte-parole, François Longchamp ne tient à faire aucun commentaire «sur les éléments d’une procédure en cours».

Pour rappel, les premières conclusions de l’enquête dont la presse avait eu connaissance avaient relevé des manquements aux devoirs du gradé. Et ce, avant la tenue de la manifestation sauvage du 19 décembre qui avait vu notamment le Grand Théâtre se voir vandalisé.

Pourtant réputé comme étant un grand spécialiste du maintien de l’ordre et pouvant se targuer d’une longue carrière exemplaire, Christian Cudré-Mauroux est critiqué pour avoir caché des éléments précis dont il avait disposé, entraînant ainsi sa cheffe Monica Bonfanti et Pierre Maudet à présenter des rapports incomplets, voire mensongers, faisant état d’un manque d’informations. Sur la base de deux rapports rendus par ses services au début de l’année, le magistrat chargé de la Sécurité avait expliqué que ses troupes n’avaient pas failli à leur mission, mais que la gestion de l’événement avait été insatisfaisante. Ce qui devait, selon lui, appeler «des conséquences opérationnelles».

«Le Conseil d’Etat veut se déresponsabiliser»

Contacté, l’avocat de Christian Cudré-Mauroux, Me Maugué qualifie cette nouvelle fuite de «désagréable» sans vouloir la commenter. «Mais en cas de sanction, nous recourrons», prévient déjà l’avocat qui conteste toujours les conclusions de l’enquête administrative.

Suite aux révélations de la RTS, la Commission de contrôle de gestion laquelle enquête également sur l’affaire s’est fendue d’un communiqué dans l’après-midi pour rappeler que sa sous-commission s’exprimera sur l’aboutissement de «ses propres conclusions» le 12 septembre prochain.

«Dans l’intervalle, elle ne fera pas d’autres commentaires à ce sujet», écrit-elle encore. En coulisses pourtant, les élus ne décolèrent pas et fustigent l’attitude du Conseil d’Etat qui «consiste à nous mettre des bâtons dans les roues», commente l’un d’eux. «Alors que plusieurs députés travaillent d’arrache-pied pour auditionner les protagonistes et rendre un rapport le plus qualitatif possible, le gouvernement veut déjà prendre des mesures. C’est faire preuve de peu de respect de notre travail», vitupère un député, accusant l’exécutif de vouloir se déresponsabiliser en accusant Christian Cudré-Mauroux.

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