Le papillon consolateur de Ronaldo est déjà une star

Le papillon consolateur de Ronaldo est déjà une star

Cristiano Ronaldo blessé! Le choc. La malédiction lusitanienne a-t-elle encore frappé’ On ose à peine y croire. Même Didier Deschamps s’en trouve désolé. Puis c’est l’effet papillon sur Twitter. Moment mythique, dramatique, d’une folle intensité. «CR7» lors d’une finale de l’Euro opposant une France archifavorite à un Portugal qui lui fera mordre la poussière au bout du compte. Auparavant, la métaphore a surgi, comme une incarnation de cet effet qui concerne le phénomène fondamental de sensibilité aux conditions initiales de la théorie du chaos’

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Le lépidoptère nocturne vient se poser sur le visage de la star de l’équipe. Sur lui, au sol, accablé, en larmes, puis emmené sur une civière, le genou gauche salement amoché. Les mains sur les yeux, devant ses supporters tétanisés. D’ailleurs, de @ronaldosmoth à @CRonaldosMoth, on dénombre déjà une bonne quinzaine de comptes consacrés à la bestiole sur le site de microblogging. Un vrai phénomène, où les détournements vont bon train et où s’expriment toutes les variations du spectre émotionnel. «Image saisissante [‘] devenue virale sur les réseaux sociaux», comme l’écrit très justement la RTBF.

Un moment de grâce

«Etrange symbole» que celui-ci, pour le blogueur de Mediapart. Lorsque Ronaldo sort à la suite de l’intervention coupable de Payet, «tout paraît alors compromis pour cette équipe portugaise toujours à la limite de perdre tous ces matchs». Et puis, non, cette bête sinon répugnante du moins dérangeante «qui vient battre des ailes et flirter quelques secondes avec la paupière de Cristiano Ronaldo [‘]. Moment de grâce où le footballeur ne montre aucun signe d’agressivité envers l’insecte. Il ne le tue pas. Il ne le chasse pas», alors qu’il se trouve en plein désespoir. Il laisse la danse se faire. Comme «un bisou d’adieu» lit-on sur le site fr.newsmonkey.be. On sait ce qu’il s’ensuivra. Même les stars «commentent»:

«L’homme du match [‘], c’est le papillon», renchérit le Huffington Post. Alors, «pour déstresser» et faire «sourire malgré tout», certains lui ont aussi donné le visage de Messi, l’ennemi juré. Et «parmi les hashtags les plus populaires de cette finale», on trouve d’ailleurs un #JeSuisPapillon qui nous change, comme un vent de fraîcheur, des habituels et compulsifs «#JeSuis’ etc.» et qui «comptabilise plus de 17’000 messages ce dimanche».

En fait, il y a une explication, que relate Le Figaro: la pelouse du Stade de France a servi «de terre d’accueil à des milliers de papillons attirés par les lumières de l’enceinte utilisées» la nuit de samedi à dimanche lors des soins du gazon maudit des Bleus. «Une invasion qui a perturbé le travail des équipes de télévision installées au bord du terrain depuis le milieu de l’après-midi mais aussi les arbitres. Lorsque ceux-ci sont venus inspecter la zone de but, ils ont dû composer avec la présence de centaines d’insectes. Didier Deschamps et son staff ont même été attaqués par des dizaines de lépidoptères.» Et «à l’échauffement, les joueurs ont été aperçus en pleine séance de grattage, eux aussi perturbés par les nuées d’insectes virevoltants».

L’irruption de la «dolorosa»

Pour l’heure, l’éphémère s’est envolé et a dû finalement mourir au champ d’honneur de la renommée. Mais Cristiano Ronaldo, lui, comme dopé par cet improbable ami, a vécu la victoire du Portugal en prolongation depuis le bord du terrain. «En transe», relève le site France Football. Car cette fois, il le tenait, son sacre international, après avoir vécu les derniers instants du match en «haranguant ses coéquipiers» et en «bousculant son sélectionneur, Fernando Santos».

Alors, comme si cela ne suffisait pas comme ça, une troisième larronne, consolatrice elle aussi, est venue s’immiscer dans le débat. Dolores Aveiro. La mère de «CR7», qui a exprimé son mécontentement et rappelé que «le jeu est de frapper dans le ballon, pas de blesser l’adversaire»: «Esta imagem para mim é dolorosa.» Lui a-t-il dit ensuite: «Maman je t’aime»’ Décidément, ce Portugal-France, malgré son total verrouillage, aura laissé de belles émotions.

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