Le siège de Jean-Charles Legrix est-il en danger à La Chaux-de-Fonds’

Le siège de Jean-Charles Legrix est-il en danger à La Chaux-de-Fonds'

L’élu professionnel UDC à l’exécutif de La Chaux-de-Fonds Jean-Charles Legrix a-t-il commis le dérapage de trop en assimilant sa ville à un potentiel Tchauxlenbeek, référence à Molenbeek d’où émanaient certains auteurs des attentats terroristes de Paris’ A-t-il dépassé la réserve imposée à un magistrat en annonçant qu’il participera, le 11 juin, à la manifestation orchestrée par la Vaudoise Christine Bussat contre le projet de construire ce qu’elle appelle un «centre islamiste» attenant au Musée des civilisations de l’islam à La Chaux-de-Fonds’

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Le président socialiste du Conseil général Daniel Musy en est convaincu. A une semaine des élections locales et de la fin de son mandat (il n’en brigue pas de nouveau), il a démissionné avec fracas pour lancer un appel «au sursaut humaniste, comme en Autriche» afin de faire barrage à «l’intolérant» candidat Legrix, en demandant aux électeurs de gauche de voter pour son colistier UDC Marc Arlettaz.

L’hystérie anti-Legrix frappe au sommet et le PS se tire une balle dans le pied.

Réaction ironique de Jean-Charles Legrix: «L’hystérie anti-Legrix frappe au sommet et le PS se tire une balle dans le pied avec ce Daniel Musy qui est un peu le Flamby maladroit des montagnes. J’espère que les gens qui votent socialiste suivront la recommandation de Daniel Musy. Avec deux sièges pour l’UDC, la Ville serait effectivement gouvernée différemment.»

Dans une ville de La Chaux-de-Fonds meurtrie par les caisses vides, par les affaires (Legrix et Monnard), par sa perte d’influence, un regard constamment tourné vers un passé glorieux qui tranche avec le marasme actuel, qui s’arc-boute sur son hôpital désuet, la campagne électorale se fait sous tension.

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Au final pourtant, dimanche 5 juin, tout indique que rien ou si peu changera à La Chaux-de-Fonds. La faute au clanisme des partis politiques qui décourage les partisans du changement. Du coup, il n’y a pas vraiment d’alternative, sinon quelques potentielles rocades internes aux listes partisanes.

La faute encore au système électoral proportionnel, où l’on attribue des sièges aux partis avant d’attribuer des suffrages aux personnes. Voilà pourquoi la gauche a la haute main sur la ville depuis 104 ans. Elle a renforcé sa majorité en 2012, flirtant avec les 67% de suffrages qui lui auraient donné un quatrième siège à l’exécutif.

La gauche toujours majoritaire

L’actuel 3-2 du Conseil communal 3 élus de gauche et de 2 de droite devrait être reconduit. Le retrait de Nathalie Schallenberger pourrait faire perdre leur siège aux Verts, au profit du PS ou du POP, qui sont assurés, pour leur part, d’avoir au moins un élu (vraisemblablement le sortant PS Théo Huguennin-Elie et le successeur naturel de Jean-Pierre Veya au POP, Théo Bregnard).

La gauche qui pesait 66% en 2012, apparentée, ne tombera donc pas sous les 50%, ce qui lui ferait perdre sa majorité.

La droite désunie et ne cachant pas son hostilité réciproque (PLR-PDC-PVL d’un côté, UDC-NPL de Frédéric Hainard de l’autre) veut faire croire qu’elle l’emportera. Le PLR en particulier, qui se targue de présenter une liste forte susceptible surtout d’écarter la sortante Sylvia Morel, qui avait succédé au printemps 2015 au démissionnaire Pierre-André Monnard. Celui qui incarne l’inscription de la métropole horlogère au patrimoine de l’Unesco, Jean-Daniel Jeanneret, et l’administrateur Xavier Hüther ont les dents longues.

L’UDC restera aux affaires

Et l’UDC Jean-Charles Legrix’ Ses détracteurs rappellent qu’il avait été réélu de justesse en 2012. Les affaires l’ont-elles ébranlé, ou à l’inverse, ont-elles renforcé l’attachement de son électorat’ D’aucuns pensent que l’offensive Musy a plutôt servi les intérêts de Jean-Charles Legrix.

Vu les résultats des élections fédérales où l’UDC a de nouveau franchi la barre de 20% à La Chaux-de-Fonds, personne ne prend le pari de voir l’UDC évincée. Même pas Daniel Musy, qui tente alors d’interférer sur la liste UDC qui ne compte que deux noms. Estimant que la gauche a suffisamment de marge pour conserver sa majorité et que le PLR ne réussira pas à doubler sa représentation, il appelle donc les électeurs non-UDC à réserver l’une des cinq lignes de leurs bulletins de vote au colistier de Jean-Charles Legrix. Marc Arlettaz, jugé «capable de construire et d’exposer ses positions de manière mesurée dans le respect de la discussion rationnelle». Et Daniel Musy de rappeler qu’il n’y avait que 267 voix d’écart entre les candidats Legrix et Arlettaz lors des élections fédérales de 2015.

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