Le spectacle d’ouverture du Gothard ces crissements de scies si suisses

Le spectacle d'ouverture du Gothard ces crissements de scies si suisses

Il y avait de quoi émoustiller la galerie, et provoquer quelques billets rageurs sur les réseaux. Pendant le spectacle d’ouverture du Gothard, sur le flanc nord, s’est promenée une apparition fantomatique aux seins nus. Face aux officiels, imam, rabbin et autres religieux, le personnage aurait pu provoquer un scandale, il s’est finalement fondu dans cette création, diffusée sur la Toile et par la SSR. Un spectacle réussi, au sens où il reflète le paradoxe qui caractérise le tunnel suisse, et plus grand du monde.

Lire aussi: Le Gothard, 57 kilomètres pour l’Europe

Dû au metteur en scène Volker Hesse, ce «Sacre du Gothard», nom du premier chapitre, veut conter le génie des lieux et celui des humains. Les esprits des vallées, les boucs des montagnes, les sylphides des rivières et autres bêtes des pentes, sont mis en rythme, sur tambours battant fort, pour évoquer à la fois la force de la nature et le réduit national.

Une bande-son qui vrille

Surtout, le spectacle appuie son hommage aux travailleurs des galeries, représentés dès le début en blouses oranges, corps tortillés par le labeur, la touffeur et le vacarme. Dans sa bande-son, le spectacle officiel ne lésine pas sur les stridences, il vrille les oreilles du spectateur avec des crissements de scies et des rugissements de foreuses. Il est ainsi pleinement à son sujet, avec puissance et humilité à la fois.

Le tunnel, humble chef d »uvre

A l’image du tunnel. Le Gothard le vrai tunnel de base une fois emprunté, perd de sa superbe astiquée pendant 17 ans de chantier: c’est une entrée dans le tube, des parois beiges, un peu de lumière sous Sedrun, puis une sortie, 28 minutes plus tard. Tout fonctionne, téléphone compris. C’est sobre, effacé, efficace. Besogneux, souterrain et fiable. Suisse, en somme. Et pourtant c’est le plus colossal défi mondial dans sa catégorie, les galeries ferroviaires.

Lire également: Nicolas Steinmann, âme romande du Gothard: «La nuit dernière, j’ai vu une luciole»

Avec sa sarabande des Alpes, Volker Hesse raconte aussi cette contradiction, l’humilité des petits Suisses sous leurs casques de plastique, qui creusent pourtant quelque chose de considérable. Les agressions aiguës des profondeurs tranchent avec le yodel et les cors ondulant dans ces vallées-là. C’est bien un sacre du Gothard.

A la rencontre de ceux qui vivent au-dessus du tunnel:
Les oubliés du Gothard

Notre quiz:
10 questions pour réviser ses fondamentaux alpestres

En images:
Dans la roche du Gothard, le génie suisse

Trois innovations qui font du Gothard une caverne d’Ali Baba technologique

Laisser un commentaire