L’Islande sensation de l’Euro 2016

L'Islande sensation de l'Euro 2016

On va d’abord dire un grand merci à Google Translate, pour nous permettre de comprendre que «tryggðu strákunum okkar stærsta sigurinn frá upphafi», ça veut dire quelque chose comme «Nos garçons remportent la plus grande de leurs victoires»: c’est Visir qui le pense’ Ou que «Við sýndum öllum heiminum» signifie «Nous en avons montré au monde entier», tel que le rapporte Morgunbladid á Netinu.

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Le match le plus sensationnel de l’Euro 2016. Tous les médias l’écrivent. C’était lundi soir à Nice. Incroyable surprise: la petite Islande, avec ses quelque 330’000 habitants, dont seulement 100 footballeurs professionnels, a sorti l’Angleterre en huitième de finale. Les mauvaises langues parlent déjà d’un «second Brexit» (USA Today) pour ces stars de la Premier League humiliées 2 à 1 par une équipe dont la vaillance n’a d’égale que la formidable jouerie.

La rencontre avait pourtant bien débuté pour les Anglais, qui ont marqué à la 4e minute de jeu. Mais ceux que l’on surnomme les «Vikings» n’ont ensuite mis que deux petites minutes pour égaliser et pris l’avantage dès la 18e. Dès lors, Albion n’eut plus qu’à batailler ferme pour retrouver quelque perfidité de jeu. En vain. Roy Hodgson (photo ci-dessous), le sélectionneur que la Nati connaît bien, a démissionné. Elimination, pure et dure, sans la moindre gloire, noyée dans une très mauvaise soupe à la grimace:

Mais revenons à Visir. Qui croit déjà à un nouvel exploit contre la France en quarts dimanche prochain, après cette «équipe anglaise qui n’a jamais montré dans ce match qu’elle appartenait aux meilleures. [‘] L’Islande a simplement joué aussi bien qu’elle sait le faire. [‘] Quelle journée pour le football islandais et la nation islandaise.» Et d’ajouter: «Continuez comme ça, les garçons.» Quant au Morgunbladid á Netinu, il écrit qu’«il n’y a pas de mots», que «personne n’a jamais connu une telle émotion» sportive, que «c’est si incroyable qu’on dirait un rêve», que «c’est le plus grand match de toute l’histoire du football islandais». Bref, «une folle aventure». Et elle est si phénoménale, cette ferveur, que même les Kiwis de Nouvelle-Zélande ont suivi:

Lundi soir, il faisait encore jour à Reykjavik lorsque le match s’est terminé, «et ce fut une liesse immense», rapporte Iceland Review, après cette «remarquable victoire» face à «une Angleterre en état d’alarme», rapporte Ríkisútvarpið. D’ailleurs, The Reykjavík Grapevine parle déjà depuis vendredi dernier d’une #EuroSaga pour cette équipe nordique qui joue «au football dans sa forme la plus pure». «L’Islande est un pays qui s’est perpétuellement battu contre les éléments au cours de toute son existence.» Autrement dit: elle ne rompt jamais.

Cité par Courrier international, le journal danois Politiken a d’ailleurs rencontré l’écrivain islandais Einar Már Gudmundsson à l’occasion de cet Euro 2016. «Il parle football et mythes d’une île au caractère si particulier»: «Nous avons créé le mythe du peuple rebelle qui navigue sur les mers et conquiert de nouveaux pays, toujours à même de se débrouiller même si nous sommes peu nombreux. Mais nous disons cela avec un brin d’humour’ Car, au fond de nous-mêmes, nous savons bien que nous ne sommes pas aussi grands et invincibles que nous le pensons.»

Modestes mais d’une volonté de fer. Bon, tout est relatif, comme on le lit dans le Guardian, qui évoque le commentateur de la télévision islandaise. «C’est fait, c’est fait! hurle-t-il dans son micro. Nous ne rentrons plus à la maison. Avez-vous vu cela’ Avez-vous vu cela’! Ne me réveillez plus de ce rêve fantastique!» Et puis, moins joli:

La presse britannique, qui a déjà bien à faire ces jours-ci, se serait bien passée de ça. Le Daily Telegraph titre sur le départ de Hodgson «après cette sortie humiliante». Après le «crash» préfère le Daily Mirror; «face à du menu fretin», précise non sans mépris le Sun. «L’Angleterre devient la risée d’un pays choqué, défait par la courageuse Islande», juge pour sa part le Daily Mail. Tandis que les covers recensées par Sports Illustrated se montrent sans pitié:

Et maintenant’ Ce sera donc «Bleus contre Bleus». Ce lundi, L’Equipe s’était dit que le match allait «se transformer en une dégelée en bonne et due forme» après l’ouverture du score par les Anglais. «Quelle erreur! Nous voilà plongés dans l’une des rencontres les plus échevelées de ce tournoi.» Et voilà la France avertie.

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