Lombard Odier affiche un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre

Lombard Odier affiche un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre

Fin juin, Lombard Odier gérait 223 milliards de francs d’actifs appartenant à sa clientèle. En recul d’un milliard sur les six premiers mois de l’année, cette masse sous gestion globale a néanmoins progressé de 14 milliards sur un an (+6,7%). Dans le détail, la clientèle privée représente 112 milliards de francs, celle de la gestion d’actifs 48 milliards, tandis que l’activité de services informatiques apporte 63 milliards d’actifs au groupe. Cette dernière division affiche la croissance la plus dynamique, puisque ses clients représentaient 59 milliards de francs d’actifs fin 2015 et 50 milliards mi-2015.

Cette progression de 13 milliards sur un an (+26%) n’est pas la conséquence de l’arrivée de nouveaux clients sur la plateforme technologique de Lombard Odier sur cette période. «Les clients existants nous ont confié davantage d’actifs, explique l’associé senior Patrick Odier. Dans cette ligne de métier, l’évolution des actifs est très difficile à prévoir, car elle dépend de l’activité de nos partenaires. Mais le réservoir de clientèle dans le domaine technologique est en croissance».

Effet négatif des devises et des marchés

Dans la gestion privée, le recul de 4 milliards des avoirs des clients enregistré au cours du semestre résulte principalement de «l’impact négatif des variations monétaires», poursuit Patrick Odier. L’effet des devises est beaucoup plus important que par le passé, puisque la banque a largement développé ses activités internationales, glisse au passage l’associé Hugo Bänziger. La gestion d’actifs, enfin, est en recul d’un milliard sur le semestre, «en raison d’effets de change négatif et de sorties de fonds dues à des changements d’allocation d’actifs».

Dans le compte de résultat, la baisse de 7% des revenus opérationnels sur un an s’explique par le recul de l’activité des clients entre janvier et juin derniers. Les commissions, qui représentent environ 80% des recettes de la banque, affichent une baisse de 10% à 405 millions alors que les opérations de négoce affichent un résultat en recul de 14%, à 51 millions.

Gestion plus active des liquidités

En revanche, les opérations d’intérêts ont rapporté bien davantage à la banque qu’il y a un an, avec un bond de 54% à 44 millions de francs. «Après l’introduction des taux d’intérêt négatifs par la BNS en janvier 2015, nous avons décidé de gérer les liquidités de manière plus active. Nous avons arrêté par exemple de convertir nos dollars en francs suisses pour les déposer auprès de la BNS, poursuit Hugo Bänziger. Nous avons construit un portefeuille d’investissement et acheté des titres très sûrs du gouvernement américain afin d’éviter les taux négatifs. Par ailleurs, nous avons également développé l’activité de crédit lombard pour la clientèle, qui apprécie la flexibilité que cela lui apporte. Ces crédits totalement collatéralisés sont aussi une source de revenus pour la banque.»

En conséquence, le bénéfice net de Lombard Odier a reculé de 13% sur un an, à 61 millions de francs. Le ratio coûts/revenus se dégrade un peu, à 83% contre 80% un an auparavant, notamment sous l’effet d’investissements effectués dans l’informatique et l’offre de conseil d’investissement.

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