L’UE veut éviter des réactions hystériques au Brexit

L'UE veut éviter des réactions hystériques au Brexit

Vendredi noir à Bruxelles pour les dirigeants européens à Bruxelles. Ils ont d’abord accusé le choc du Brexit. Puis, ils ont resserré les rangs et décidé de pas céder à la panique. Le président du Conseil européen Donald Tusk, le premier à prendre la parole après le résultat du scrutin, a demandé d’éviter des réactions hystériques et plutôt, de réfléchir comment affronter cette situation historique et sans précédent provoquée par le désaveu britannique. «Nous regrettons la décision du Royaume-Uni, mais nous la respectons», a-t-il dit.

«Le président du Conseil n’avait pas exclu le scénario du pire, explique l’un de ses collaborateurs. Il avait envisagé toutes les éventualités et s’y était préparé.» Les deux jours précédant le vote, Donald Tusk s’était entretenu avec tous les chefs d’État ou de gouvernement européens et avait arrêté un seul message: quoi qu’il arrive, il faudra continuer à construire un destin commun.

Le numéro un européen a affirmé qu’il n’allait pas rester les bras croisés. A ce propos, il a annoncé qu’une réflexion au niveau de dirigeants allait être engagé sur l’avenir même de l’UE. Une première réunion de travail aura lieu lors du prochain sommet européen les 28 et 29 juin à Bruxelles. Leurs «sherpas» se réuniront dimanche pour amorcer les discussions. Lundi, Donald Tusk participera à un mini-sommet à l’invitation de la chancelière allemande Angela Merkel. Le président français François Hollande et le premier ministre italien Mateo Renzi seront également de la partie.

Jean-Claude Juncker a tenté d’adopter la même attitude de battant. Le président de la Commission ne croit pas aux risques de contagion même si d’autres pays seraient tentés par l’expérience britannique, notamment les Pays-Bas, le Danemark, la République tchèque et la Hongrie. Celle-ci a annoncé la tenue d’un référendum pour cet automne sur la politique migratoire de l’UE.

L’ancien premier ministre luxembourgeois a exhorté l’Allemagne et la France, les deux moteurs de l’UE, «d’agir vite et ensemble et mettre fin à la période d’incertitude dans laquelle nous sommes rentrés aujourd’hui».

Pour sa part, Martin Schulz, le président du Parlement européen avait déjà programmé une réunion des chefs de groupes politiques pour dégager une position commune. Face à la gravité de la situation provoquée par le Brexit, il a convoqué une séance plénière parlementaire d’urgence mardi.

Donald Tusk, Jean-Claude Juncker et Martin Schulz ont tenu à se montrer unis dans l’épreuve. A l’issue d’une réunion de crise dans la matinée, ils se sont engagés à poursuivre leur mission: assurer une croissance économique et la sécurité pour les citoyens européens.

Tout en disant que le divorce était consommé, les trois dirigeants ont tout de même eu un mot apaisant à l’égard du Royaume-Uni. «Nous souhaitons l’avoir comme un partenaire à l’avenir, ont-ils déclaré. Mais c’est à vous de définir le type de partenariat que vous désirez développer avec les Vingt-Sept.»

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