L’Union européenne est désormais acculée

L'Union européenne est désormais acculée

ANALYSE. Les premières réactions européennes officielles à la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne ne sont attendues que vers la fin de la matinée. Une rencontre entre Donald Tusk, Jean-Claude Juncker et Martin Schulz, respectivement président du Conseil, de la Commission et du Parlement européen est prévue pour 10h30. Ils seront rejoints par Mark Rutte, premier ministre des Pays-Bas, pays qui assure la présidence tournante de l’Union jusqu’au 30 juin. Auparavant, Martin Schulz rencontrera les chefs de principaux groupes politiques pour dégager une vue commune.

La survie de l’UE en jeu

Mais le choc est bel et bien là. De nombreuses questions se posent sur les conséquences du vote. C’est la survie même de l’UE qui est en jeu; plusieurs pays sont tentés d’organiser des consultations populaires dans l’idée de redéfinir leurs relations avec Bruxelles. Humiliant pour les autorités européennes, ce résultat devrait logiquement apporter de l’eau au moulin des mouvements populistes et eurosceptiques qui gagnent du terrain dans le continent. En France, le Front national a promis a référendum du même acabit en cas de victoire aux présidentielles de 2017. En Italie, le mouvement Cinq Etoiles en a aussi fait son cheval de bataille.

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Avant le scrutin, le président du Conseil européen Donald Tusk avait lui-même dit, dans une interview au Bild, craindre «qu’un Brexit puisse marquer non seulement le début de la destruction de l’UE, mais aussi de la civilisation politique occidentale». Jean-Claude Juncker s’était montré moins apocalyptique, affirmant que l’Union ne serait pas en danger de mort en cas de Brexit. Il reconnaît tout de même qu’il faudra en tirer les leçons du scrutin. En effet. Vu le résultat, les dirigeants européens pourraient difficilement se contenter de dire, comme ils le font souvent, qu’il s’agit d’un vote souverain qu’ils doivent respecter.

Le prix des crises

Avant le vote, plusieurs dirigeants européens ont déjà affirmé l’UE ne pouvait pas continuer comme si rien était. Le premier ministre belge Charles Michel a même appelé à convoquer un sommet d’urgence pour tirer les leçons du vote britannique. En principe, un Sommet européen est prévu mardi et mercredi à Bruxelles. Le président français devrait se rendre à Berlin la semaine prochaine pour parler de l’avenir de l’Union.

L’UE paie avant tout un prix fort pour les crises successives (financière et économique, Grèce, Ukraine, Russie, flux migratoires) qui ont affecté directement la vie quotidienne de millions de personnes. Au fil des années, ces dernières ont eu l’impression, à tort ou à raison, d’une Europe davantage au service de la finance et des multinationales qu’à celui des millions des chômeurs de l’Union.

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