Noël envoyer valser les boules

Noël envoyer valser les boules

Noël approche à pas de rennes, d’une armée de rennes. Qui n’a jamais rêvé de chambarder la crèche, de faire valser les boules’ Beaucoup essaient de réinventer la fête. Le Temps a souhaité se pencher sur ces dissidents. Toute la semaine, nous vous présenterons des témoignages de personnes pour qui le 24 ou le 25 décembre sonneront un peu alternatifs, d’un menu végan à des cadeaux décroissants en passant par un repas sans famille.

Pas vraiment une révolution

Une révolution en marche’ Non, le conformisme perdure. Ceux qui refusent la dinde gardent la pile de présents et ceux qui militent contre l’accumulation sous le sapin dégustent huîtres et saumon fumé. Les végétariens proposent du «faux-gras», directement inspiré du foie gras. Un cactus remplace le sapin, décoré de miniguirlandes. Il y a une forme de tradition à laquelle on n’ose pas déroger totalement, par envie de se lover dans l’enfance, par habitude, par paresse, par respect envers les aînés, etc.

Noël, donc, évolue avec parcimonie mais en permanence. En France, le boudin blanc a remplacé le boudin noir, presque disparu depuis. En Suisse, la fondue chinoise a fait son apparition. Le pack traditionnel qui nous semble venu du fond des âges est une invention relativement récente. Le sapin a envahi les foyers au milieu du XXe siècle, en même temps que le rassemblement bourgeois se démocratisait, selon l’anthropologue Martyne Perrot, dont l’interview conclura notre série en fin de semaine. Aidé par les grands magasins, le Père Noël a piqué la vedette au petit Jésus, qui l’avait lui-même piquée aux dieux solaires.

La fête de tous les paradoxes

De plus en plus d’invités à la fête de tous les paradoxes, dès lors, déplorent une ruée commerciale et jurent qu’on ne les y reprendra plus. Mais les mêmes ne peuvent s’empêcher de gâter leurs enfants, voire de courir le 24 au matin acheter un cadeau supplémentaire rongé par le remords. Parce que Noël est l’occasion par excellence de dire à nos proches qu’on les aime, de resserrer les liens à coups de présence et de présents tiens, ces deux mots ont la même étymologie. On rêve de vacances en Inde mais l’on se rend quand même chez Tante Evelyne. On ne supporte pas sa famille plus de deux jours mais l’on accepte en souriant de passer la semaine au ski «tous ensemble». Les absents et les champions du petit cadeau sont pointés comme des sans-c’ur. Et lorsque l’on introduit le principe d’un tirage au sort pour limiter les dons, crise économique et décroissance obligent, on est crispé par le résultat. Certains se souviennent alors que l’«esprit de Noël», synonyme de partage et de bienveillance, est né de la plume de Charles Dickens.

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