Nouvelle grille salariale de la fonction publique à Neuchâtel, la riposte syndicale

Nouvelle grille salariale de la fonction publique à Neuchâtel, la riposte syndicale

Ils avaient quitté ostensiblement la table des négociations parce qu’ils estimaient ne pas avoir été écoutés. Sans surprise, les syndicats de la fonction publique et enseignante neuchâteloise rejettent la nouvelle grille de progression salariale arrêtée par le Conseil d’Etat. Elle réduit l’amplitude entre le salaire à l’embauche et le salaire maximal (de 54 à 41%), allonge à 25 ans le rythme de progression forcément plus lent qu’actuellement, mais revalorise aussi les premiers salaires des enseignants et supprime la contribution à la caisse de remplacement. Neuchâtel dit avoir calqué son modèle sur celui du canton de Vaud.

Lire aussi: 
Le gouvernement neuchâtelois aligne les salaires de ses agents

«Le Conseil d’Etat est un employeur indigne», s’insurge le pourtant modéré président du syndicat autonome des enseignants Pierre Graber. «Il a restreint les perspective salariales et refuse de l’admettre.» «Le gouvernement ment et triche, renchérit Michel Gindrat, du SSP. Tous les salaires des enseignants sont à la baisse. Le gouvernement propose une légère revalorisation à l’embauche pour les premières classes Après seulement cinq ans, la nouvelle grille passe déjà sous la grille actuelle. Après dix ans, un enseignant perdra plus de 900 francs par mois.»

Enseignants mieux payés dans le Jura

Pierre Graber ose cette comparaison: «Les enseignants neuchâtelois sont déjà les plus mal payés de Suisse romande, avec des conditions de travail moins bonnes – ils enseignent 29 périodes contre 28 ailleurs et le taux d’élèves par enseignant est de 16 contre 14 en moyenne suisse. Les enseignants neuchâtelois et jurassiens sortent de la même HEP. Suivant qu’ils travaillent à La Chaux-de-Fonds ou Saignelégier, l’écart des salaires cumulés après quarante ans de carrière est de 235 000 francs, à l’avantage du Jura.»

Les syndicats multiplient les exemples où les conditions salariales seront moins bonnes à l’avenir, «sauf pour les hauts revenus et les chefs de service», dénoncent-ils, «ulcérés». Au nom des syndicats de la police, Patrick Siron trouve «scandaleux que tous soient perdants, sauf les chefs de service». Et de s’insurger contre les primes au mérite incluses dans le nouveau programme salariale (0,1% de la masse, pouvant aller jusqu’à 0,7% à terme): «Seuls les chefs y auront droit. La prime au mérite est incompatible avec le service public, elle est même dangereuse, imaginez-la à la police!»

Manifestation en septembre, peut-être un débrayage

S’en prenant encore au «simulacre de négociations d’un gouvernement qui a voulu passer en force» ou au «dogme neuchâtelois consistant à faire des économies à tout prix, sans tenir compte de la qualité des prestations» selon José Sanchez du SSP, les syndicats ont décidé de riposter.

Pas tout de suite: ils veulent d’abord informer, et puis cela va être les vacances, peu propices aux mobilisations. Ils tiendront une grande manifestation à mi-septembre, qui pourrait être suivie de débrayages ou d’une grève. Grève des notes dans les écoles, grève des amendes à la police. Rien n’est décidé.

Au-delà de quelques formules fortes, au-delà de la menace de vouloir peser sur la campagne électorale à venir (avec le risque de voir le gouvernement passer à droite, comme le Grand Conseil), les syndicats seraient-ils déjà résignés à voir effectivement la nouvelle grille entrer en vigueur début 2017

Laisser un commentaire