Pierre-Yves Maillard ouvre le jeu électoral vaudois

Pierre-Yves Maillard ouvre le jeu électoral vaudois

Pierre-Yves Maillard se déclare disponible pour un nouveau mandat de conseiller d’État par une démonstration d’annonce de candidature à contre-pied. La semaine dernière, en briguant elle aussi un quatrième mandat Anne-Catherine Lyon ne parlait que d’elle, de son programme politique qui se limitait à la loi sur le personnel enseignant, révélant une absence de projection sur la politique générale.

Le ministre de la santé, dans son interview publiée mercredi dans 24 Heures, rappelle l’essentiel de son action gouvernementale et remet son siège en jeu. En tribun, l’homme flatte et soigne les militants de base de son parti, en opposition à la ministre de la formation à qui l’on reproche d’avoir «court-circuité» son parti.

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Un appel à la relève

Le tableau des socialistes en vue des élections cantonales 2017 est ainsi dressé: deux ministres décidés à continuer leur travail et à briguer une dérogation le leur permettant, mais deux tonalités différentes. Il est le chef du gouvernement; elle, la cheffe de son Département. Ils ne partagent aucune solidarité de sortants. De là à dire que «Maillard a lâché Lyon», certains socialistes font le pas. La conseillère d’Etat Nuria Gorrite qui viendra compléter le trio de candidats sortants n’est pas tenue d’annoncer sa candidature avant le congrès du 27 septembre.

«Je ne sais pas me battre pour dire que je suis indispensable», déclare le président du gouvernement au quotidien vaudois. Dans son habile façon de laisser à la direction du parti socialiste vaudois le choix de lui concéder un quatrième mandat ou de solliciter de nouvelles candidatures, Pierre-Yves Maillard lance un appel à la relève. Les prétendants, encouragés, peuvent désormais sortir du bois, sans risquer de froisser les délégués à qui il appartiendra de se positionner ou de passer pour des «tueurs».

Le ministre de la santé, sachant que personne ne le conteste, a certes beau jeu de remettre son siège à disposition du parti. Cela n’en est pas moins une invitation, pour les militants socialistes, à considérer les deux situations comme très différentes. Cette façon de marquer la distinction permet de fonder une inégalité de traitement éventuelle, qui le verrait plébiscité pour un nouveau mandat alors qu’Anne-Catherine Lyon se verrait préférer un(e) autre candidat(e).

On attend désormais le troisième acte. Si la pièce a été bien orchestrée, on verra d’ici quelque temps une Géraldine Savary ou une Cesla Amarelle sortir du bois. Vraisemblablement, le congrès devrait pouvoir trancher la question de ces dérogations sans craindre que le moment venu, il n’y ait pas de succession. En soulignant qu’il y a une dizaine de papables, Pierre-Yves Maillard signale qu’il n’y a pas de candidature «naturelle» à la relève.

Plusieurs potentielles candidates

Le parti est loin de la situation dans laquelle se trouvait Nuria Gorrite avant son élection, tous les regards convergeant vers elle. Si la conseillère nationale Cesla Amarelle a toujours montré un intérêt pour le gouvernement vaudois, elle clive quelque peu le parti sur les questions d’asile. La conseillère aux Etats Géraldine Savary ne referme en rien la porte du canton, en évoquant même la situation de son mari syndic de Lausanne en prémisse à la question. La députée et syndique d’Avenches Roxanne Meyer ouvrirait la candidature à des élus non-universitaires et provenant de régions périphériques. Plusieurs autres noms de potentielles candidates sont régulièrement évoqués. Au sein du parti, on part de l’idée qu’une femme doit remplacer une femme; quoi que ce ne soit pas un principe écrit.

Le PLR également concerné

À titre de comparaison, c’est à l’unisson que les trois conseillers d’Etat PLR sortants, Jacqueline de Quattro, Pascal Broulis et Philippe Leuba, ont annoncé leurs candidatures.

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C’est une force pour le parti de droite qui brigue un renversement de majorité au gouvernement mais doit toutefois trouver, parmi ses alliés, le quatrième nom qui permettrait de réussir cette opération. Le problème de la relève ne se pose donc pas qu’au parti socialiste. Les électeurs vaudois se retrouveront peut-être devant la situation exceptionnelle de devoir choisir entre sept sortants, d’autant que certains en seront à leur quatrième législature.

Mais cela semble poser moins de problème à la droite qu’au parti socialiste, dont les statuts visent justement à éviter que certains ne s’accrochent trop longtemps au pouvoir.

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