Qui pour combattre Anne-Catherine Lyon’

Qui pour combattre Anne-Catherine Lyon'

En voulant briguer un quatrième mandat de conseillère d’État, la socialiste vaudoise Anne-Catherine Lyon frustre les ambitions de la relève. Plusieurs candidates sont disponibles pour prendre la succession, conformément à un scénario que la direction du parti a elle-même souhaité. Mais qui va sortir du bois et se profiler comme la rivale devant le congrès’ C’est la question qui taraude le parti cantonal depuis dimanche.

La conseillère nationale Cesla Amarelle, la municipale lausannoise Florence Germond, la syndique d’Avenches Roxane Meyer, la conseillère municipale Florence Germond sont les noms les plus fréquemment cités dans ce contexte. La conseillère aux Etats Géraldine Savary semble se réserver, au micro de la TSR, pour une meilleure occasion, sans refermer entièrement la porte. Au sein du PSV, les conciliabules vont bon train pour identifier voire encourager les déterminations. L’émergence de plusieurs candidates apparaît du reste à ce stade comme un scénario plus avantageux qu’une confrontation singulière avec la ministre sortante de la formation.

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 Une relève politique sacrifiée

A la tête de l’école depuis 2002

Même si la candidature d’Anne-Catherine Lyon suscite plus d’exaspération que de paroles de soutien chez les camarades, les socialistes vaudois ont le souci d’éviter autant que faire se peut le conflit de personnes et un déchirement sur la place publique. D’autant que la candidate nouvelle qui serait le cas échéant désignée à la place de la magistrate aura à défendre durant la campagne électorale le bilan de celle qui dirige l’école depuis 2002.

Le congrès de fin septembre accordera ou non la dérogation requise selon les règles du parti. Une majorité des deux tiers est requise. Ce ne sera qu’une autorisation à se porter candidate, le choix du ticket étant fixé au mois de janvier. On imagine pourtant difficilement un débat sur la dérogation sans que les autres noms soient sur la table. L’annonce d’Anne-Catherine Lyon, qualifiée de coup de poker par le président du PSV, Stéphane Montangero, est aussi un coup de force, dans la mesure où il oblige le parti à dévoiler ses cartes plus tôt que prévu.

Présenter un quatrième nom, en plus des trois sortants Anne-Catherine Lyon, Pierre-Yves Maillard et Nuria Gorrite’ Des partis embarrassés laissent souvent le peuple trancher. Problème: le principe d’une liste à 4 avec les Verts est déjà acquis et le PSV y tient.

Enseignants hostiles

Anne-Catherine Lyon défendra son bilan et les compétences acquises à la tête de son département. Dans son interview au Matin Dimanche, elle promet de «prendre également soin des enseignants», après toutes les années où les élèves auraient eu la priorité. Elle a du plain sur la planche: les réactions les plus négatives à sa candidature sur les réseaux sociaux proviennent des milieux enseignants.

Bien qu’élu deux ans après Anne-Catherine Lyon, lors d’une élection complémentaire, le président du gouvernement Pierre-Yves Maillard est également soumis à dérogation. L’accorder à lui et la refuser à elle’ La cheffe du DFJ ne manquera pas d’utiliser cet argument contre les voix favorisant la relève. Le fait est que l’envie de changement qui vise la femme épargne l’homme. C’est dans cette zone floue que peut s’engouffrer le sentimentalisme, contre lequel prétend justement lutter l’article ajouté en 2008 aux statuts du PSV: limiter les mandats à trois, c’est dire qu’au bout de quinze ans de politique on s’use soi-même et on use le parti.

Anne-Catherine Lyon est loin d’être la seule à bloquer le renouvellement de l’équipe gouvernementale vaudoise. Gauche et droite sont également impliquées. A moins d’un peu probable renoncement de Pierre-Yves Maillard, les sept conseillers d’État sortants vont se représenter, créant une situation exceptionnelle. Au PLR, Pascal Broulis brigue aussi un quatrième mandat, Philippe Leuba et Jacqueline de Quattro un troisième. L’écologiste Béatrice Métraux (élue en 2011) et la socialiste Nuria Gorrite (2012) sont les benjamines de fonction. Contrairement à la gauche, la droite n’a fixé aucune limitation au nombre de mandats. La longue attente infligée à la relève y suscite davantage de résignation qu’au parti socialiste.

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