Stefan Frei le rêve américain jusqu’au bout

Stefan Frei le rêve américain jusqu'au bout

Les Sounders de Seattle ont, samedi, remporté le premier titre de leur histoire en Major League Soccer. En finale, ils ont battu le Toronto FC au bout de la séance des tirs au but et après avoir été dominés toute la rencontre (0-0). «C’est pour des moments comme ça que tu joues au football. Tu veux marquer l’histoire et ce soir, nous y sommes parvenus», commentait le gardien de la franchise basée sur la côte Ouest des Etats-Unis, élu meilleur joueur de la rencontre. Un certain Stefan Frei.

Ce nom sonne comme celui d’une vieille connaissance. Et pour cause: il appartient à deux «familles» importantes du football suisse mais n’en est pas le membre le plus connu. Chez les Frei, on citera Fabian (aucun lien) et bien sûr Alex (qu’il n’a jamais rencontré mais dont il est le petit-cousin) avant Stefan. Et chez les gardiens de but, on mentionnera les internationaux Yann Sommer, Roman Bürki, Marwin Hitz, Yvon Mvogo ou encore Diego Benaglio bien avant de penser à lui. Mais le portier de 30 ans tient désormais son ticket d’entrée pour la postérité: il est devenu le premier joueur à passeport rouge à croix blanche sacré dans la ligue professionnelle nord-américaine.

L’arrêt de la saison

Sa performance en finale du championnat lui offrira un peu de notoriété dans son pays d’origine. Sans les exploits de son gardien suisse alémanique, les Sounders n’auraient jamais pu s’imposer. En 120 minutes, ils n’ont pas cadré une seule frappe, tandis que Frei détournait sept essais adverses. C’est pendant les prolongations qu’il a signé son arrêt le plus spectaculaire «probablement le plus beau de la saison», ose Fox Sports sur une tête de Josy Altidore. Lors de la séance de tirs au but, il a encore réussi une parade déterminante. Plus tôt dans les play-off, il s’était déjà distingué, notamment lors d’une victoire étriquée contre le Sporting Kansas City (1-0) lors de laquelle il a été étincelant.

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Stefan Frei n’est pas un nouveau venu dans le monde du soccer nord-américain. Drafté en treizième position en 2009 par le Toronto FC, il a rejoint Seattle fin 2013 et, en trois saisons chez les Sounders, il n’a manqué que quatre rencontres. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs gardiens de la ligue, dans laquelle il a mené toute sa carrière professionnelle.

«Repartir de zéro»

Remarquable mais loin de l’Europe et de ses meilleurs championnats, ce parcours explique que Stefan Frei ne soit pas plus célèbre dans son pays d’origine. Il fut pourtant le gardien de la sélection nationale M15. Mais c’est à cette époque que son père a trouvé un travail à San Francisco et que toute la famille a émigré aux Etats-Unis. «Je venais d’avoir pour la première fois le sentiment que je pouvais devenir professionnel et, aux Etats-Unis, je devais repartir de zéro, expliquait-il au Blick en 2015. Ici, vous ne pouvez pas aller au village d’à côté et vous inscrire au club.»

Mais l’ancien junior du FC Saint-Gall a trouvé son chemin dans le monde du sport nord-américain et les observateurs jurent qu’à bientôt 31 ans (il les fêtera en avril), il est meilleur que jamais. Sa maturité ne suffira pas à en faire le plus connu des Frei en Suisse, ni à chambouler la hiérarchie des portiers au sein de la Nati. Mais l’homme a de toute façon d’autres plans. Sur le point d’obtenir sa naturalisation, il n’exclut pas de profiter de l’arrivée d’un nouveau sélectionneur à la tête de l’équipe nationale des Etats-Unis pour s’y faufiler. «On m’a effectivement dit que le nouveau coach Bruce Arena voulait étudier toutes les options possibles pour le poste de gardien», lâchait dernièrement le Suisse, en position de prolonger son rêve américain jusqu’au bout.

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