Un exosquelette souple et léger pour faire remarcher les paralysés

Un exosquelette souple et léger pour faire remarcher les paralysés

L’exosquelette de demain sera souple, ou il ne sera pas. Voilà comment on pourrait résumer les propos de Robert Riener, du Laboratoire des systèmes sensorimoteurs à l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Ce professeur en systèmes sensori-moteurs a présenté les premiers éléments de son projet d’exosquelette révolutionnaire lors du forum de la Fondation IBSA, ce vendredi à Genève.

Imaginé dans les années 1960, l’exosquelette est une sorte de combinaison destinée à accroître la force et la résistance musculaire et osseuse, dans le but d’augmenter les performances humaines ou encore de venir en aide aux personnes handicapées. De nombreux prototypes et même des modèles commerciaux ont vu le jour, mais ces derniers ont tous le même inconvénient: ils sont rigides, lourds, et très peu pratiques à utiliser.

Lire aussi:
Un exosquelette robotisé pour faciliter le travail dans l’industrie

Fort de ce constat, Robert Riener s’est lancé dans des recherches sur un modèle d’exosquelette «léger, souple et confortable» qui s’adresse aux personnes âgées, paralysées des jambes ou souffrant d’autres handicaps moteurs. Baptisé Mobility Assisting Textile Exosuit (qu’on pourrait traduire par «exo-combinaison textile d’assistance à la mobilité», MAXX selon l’acronyme anglais), il s’intègre discrètement dans les vêtements du patient et s’adapte à ses mouvements.

Comment parvenir à fabriquer une telle combinaison, capable à la fois de soutenir une centaine de kilos de charge tout en demeurant légère’ Le secret réside dans la recette utilisée, glisse le chercheur qui n’a pas voulu trop en dévoiler, les essais cliniques venant de démarrer. «Nous utilisons notamment une couche de fibres de carbone, qui sont très légères tout en conservant une certaine rigidité. Il y a aussi d’autres matériaux tels que des fibres de verre et des polyamides», des polymères à la base du nylon.

Autre différence notable: les exosquelettes actuels contiennent environ 4 à 6 moteurs par jambe, ce qui les alourdit considérablement. Le MAXX, lui, n’en possède qu’un seul. Comment parvient-il à reproduire la complexité des mouvements de la jambe, dont les articulations autorisent des mouvements selon trois degrés de liberté’ Mystère…

Pour l’instant, cet appareil est en cours de test chez des volontaires sains. Et ça fonctionne, à en croire le professeur. «On leur demande de se laisser tomber, comme s’ils s’affaissaient soudainement sur eux-mêmes, ce qui correspond à ce que ressent un paralysé des jambes, explique Robert Riener. Et l’exosquelette parvient à empêcher leur chute!»

Pour ce Zurichois, les méthodes conventionnelles de rééducation ne tiennent plus la comparaison avec ce que permettent les machines. Il a ainsi rappelé lors de sa conférence les résultats d’une étude qu’il a menée en 2013, et dans laquelle il a comparé la vitesse de récupération musculaire chez 73 patients en rééducation, selon qu’ils bénéficient d’une rééducation classique ou bien d’un exosquelette pour la main, l’ARMin III. «Ceux qui avaient reçu l’exosquelette avaient récupéré autant de fonctions motrices en trois semaines que les patients ‘classiques’ en huit semaines, rappelle-t-il. Développer des machines aidant à la rééducation permettrait d’augmenter considérablement le travail de rééducation, qui deviendrait ainsi quasi permanent».

En attendant, le chercheur poursuit ses recherches et espère pouvoir démarrer des essais chez des patients handicapés d’ici la fin de l’année. Quant au MAXX, il n’est pas impossible qu’on puisse le découvrir en action lors du Cybathlon, une course de personnes équipées de diverses prothèses, en octobre prochain à Zurich.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *