Un laboratoire fribourgeois se dédie à l’habitat du futur

Un laboratoire fribourgeois se dédie à l'habitat du futur

«C’est ici que vont se dessiner nos villes du futur». Les mots prononcés par le Conseiller d’Etat fribourgeois Beat Vonlanthen sont forts. A la hauteur de l’ambition du Smart Living Lab, le centre de recherche et de développement dédié à l’habitat intelligent, implanté dans le quartier d’innovation de Bluefactory depuis décembre 2015.

Né d’une collaboration entre l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), la Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR/HES-SO) et l’Université de Fribourg, le Smart Living Lab se veut être une plateforme de recherche active dans les domaines de l’architecture durable, de la technologie des matériaux, du confort mais aussi du droit et des sciences humaines. Concrètement, son objectif est d’imaginer des espaces de vie mettant l’accent sur le bien-être des occupants et sur les enjeux environnementaux. Il emploie à ce jour une soixantaine de collaborateurs, tous issus des trois hautes écoles partenaires.

Une approche transversale

Avec ce pole fribourgeois, l’EPFL voit donc le nombre de ses antennes régionales s’émanciper encore un peu plus, après celles ouvertes à Neuchâtel et Sion. «Il est de notre responsabilité de travailler avec les cantons. C’est une manière d’enrichir nos thématiques, de les rendre plus pratiques et spécifiques, tout en collaborant avec les institutions académiques locales. La Haute école et l’Université de Fribourg ont une tradition de longue durée en ce qui concerne les domaines de l’architecture et du droit de la construction. Nous sommes aujourd’hui dans une approche transversale, tous ensemble derrière ce projet du Smart Living Lab», confie Philippe Gillet, vice-président aux affaires académiques de l’EPFL.

Au c’ur des préoccupations des chercheurs, il y a bien entendu la population. Des hommes et des femmes de toutes les générations, et pour lesquels les habitudes sont parfois difficiles à changer. «Aujourd’hui, l’acceptation d’une nouvelle technologie n’est pas toujours une évidence», poursuit Philippe Gillet. «Les gens doivent comprendre et appréhender les innovations technologiques et sociales, afin d’en devenir les acteurs directs. C’est la responsabilité individuelle qui forme la responsabilité collective. Il est important que les gens prennent conscience des enjeux environnementaux actuels. C’est l’un des principaux défis du Smart Living Lab». 

Et cela passera notamment par la journée portes ouvertes prévue aujourd’hui au centre de recherche fribourgeois. Y sont présentés certains des travaux actuellement en cours. Parmi ceux-ci, le projet Swiss Living Challenge, sélectionné pour représenter la Suisse lors du Solar Decathlon qui se déroulera aux Etats-Unis l’an prochain. Objectif de la compétition: concevoir et construire en 18 mois le meilleur habitat qui soit, en taille réelle, et fonctionnant uniquement à l’énergie solaire. «Nous souhaitons nous démarquer des autres équipes en proposant une maison de quartier», explique Baptiste Gex, l’un des concepteurs du projet. «Cette infrastructure devra permettre de changer les modes de vie actuels, que ce soit au niveau de la mobilité, de la consommation de biens et services, et bien évidemment de la consommation énergétique».

Un laboratoire géant en 2020

S’ils occupent à ce jour les locaux de la Halle Bleue du site de Bluefacroty, les chercheurs du Smart Living Lab devraient intégrer d’ici 2020 un bâtiment spécialement pensé pour leurs travaux, le «Smart Living Building». L’édifice comportera un laboratoire, des bureaux pouvant accueillir jusqu’à 100 collaborateurs, ainsi qu’une surface d’habitation de 1000 mètres carrés. De quoi permettre la réalisation d’expérimentations en environnement réel.

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