Une transformation numérique réussie n’a rien à voir avec la technologie

Une transformation numérique réussie n'a rien à voir avec la technologie

Invité cette semaine par la Banque Cantonale de Genève, dans le cadre d’une série de conférences, Christian Dussart a livré sa recette pour réussir la transformation numérique d’une entreprise. La Suisse, pays phare en termes d’implantation technologique comporte très peu de champions numériques actifs dans des secteurs traditionnels.

Une révolution «comportementale»

Pourquoi ce paradoxe’ «Nous ne sommes pas en présence d’une révolution industrielle, mais comportementale majeure, estime le professeur à HEC Montréal et à HEC Paris. On s’en fiche de la technologie, en soi. Ce qui compte, ce sont ses effets sur les attitudes, lesquelles changent justement à cause de ces nouveaux outils.»

Selon ce spécialiste en marketing, parmi les plus reconnus au monde, jamais dans l’histoire mondiale l’écart entre les moins de 40 ans et les plus âgés n’a été aussi important. «En 2017, les générations X, Y et Z vont prendre la majorité», prévient-il. Traduction: la démographie de la planète est sur le point de s’inverser. Et c’est de là que doit venir la véritable disruption.

Gestion plus exigeante

Pour Christian Dussart, la priorité des entreprises doit être les jeunes, même si les clients plus âgés restent importants. «La formule gagnante, c’est la société XYZ, pas le secteur ou l’industrie 2.0, 3.0 ou 4.0. Soit vous vous adaptez, soit vous disparaîtrez», assène-il. Et ce dernier d’inviter les entrepreneurs à réinventer leur modèle d’affaires. Parfois totalement. «Que ce soit au niveau interne, via les ressources humaines, ou à l’externe, par un marketing revisité», recommande l’expert, qui prône l’agilité et l’esprit start-up.

Comment s’adapter aux jeunes’ «L’effort est usant, car il faut recommencer l’exercice tous les six mois», résume Christian Dussart. Il faut donc sans cesse innover en intégrant le fait que les jeunes exigent d’avoir plusieurs choix de consommation, via une interaction rapide, souvent à la dernière minute, et que ce sont des infidèles notoires adorateurs de vidéos. «Ils pratiquent l’infidélité partagée, conclut le spécialiste. Ce qui fait sauter le territoire des marques.»

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